langue amazighe

jeudi 9 juillet 2009

les adverbes

LES ADVERBES

1 - Les grammaires traditionnelles font des adverbes un classement fondé sur le sens ; elles distinguent les adverbes de lieu , de temps , de manière , d'intensité, de quantité •••
Ainsi l'hétérogénéité qui régne au sein des adverbes concerne, essentiellemet les adverbes de temps qui se répartissent en sous-classes selon qu'ils précisent le moment de l'action ( dġi " maintenant" ) , la durée de l'action ( dima " toujours" ) , l'ordre de succession de l'action ( qbl " avant") •• '
2- En face de la définition traditionnelle, les fonctionnalistes définissent ­les adverbes comme des" monémes ou des synthémes autonomes" (1) marquant, par eux - mêmes , leur fonction •

Notre étude portera sur l'adverbe de négation ur (2) , les adverbes interrogatifs (3) , les adverbes de comparaison, les adverbes compatibles avec les prépositions, les adverbes non-compatibles avec les prépositions, les adverbes has et hlli " seulement " (4) , les adverbes à valeur modale , les adverbes de quantité.

-1- L'ADVERBE DE NEGATION : ur

1 - La négation, comme l'interrogation, est un domaine où convergent les recherches en syntaxe , pragmatique ( " énonciatique " ) , sémantique et logique • Du point de vue linguistique , sur le terme " négation" pése une ambiguIté " puisqu,'il peut renvoyer tant à la forme de l'énoncé qu'à son sens" (1) Il s'agit, donc, de distinguer entre une négation formelle, caracterisée par la présence d'un monéme de négation; et une négation sémantique, c'est à dire le sens négatif d'un énoncé sa négativité sémantique. (2) .
2- Dans le parler des AIt Sadden , la négation s'opére par le monéme ur , qui porte sur le prédicat verbal; tandis que uridd (3) détermine les prédicats non- verbaux • Quand uridd nie un prédicat verbal , il est suivi , obligatoirement , de is ;
(B.174) uiridd is ira ad iqqim ... " ce n'est pas parce qu'il voulait rester •••• "
les deux variantes (uridd - maci ) peuvent actualiser comme prédicats un syntagme autonomisé :
(B.175) uridd zi fas ay d idda
maci zi fas ay d idda •
" ce n'est pas de Fés qu'il est venu. "
(9.16) ( ••• ) la cix luqr i yxf inw , uridd i ddll ( ••• )
( ••• ) je me serai tenu à l'écart au lieu de cette humilia tian
(363) ( ••• ) lħbs d lbarud i iryzn a mi illa , ur idd i t3yyalin ( •••
" ( ••• ) la prison et le combat, c'est pour les hommes qu'ils sont faits et non pour les femmes ( ••• ) " (4)
ou un syntagme verbal :
. (12.10) ( ••• ) la ytswwar maci la ytaru
( ••• ) il n'écrit pas mai s il photographie
3 - ur peut coexister avec les modalités aspectuelles :
a) accompli :
Comme il a été signalé (5) , les thémes verbaux des formes de l'acc. et de l'acc. négatif sont soit identiques, soit differents à l'aide des alternances vocaliques; en combinaison avec l'acc. concomitant, il y a neutralisation:

iDa
eu

~

ur
iDi





Idda 3
3li
~

ur
iddi
3li



"
Ali
est
déja
parti
"
Ali n’est pas parti











_ 0>"


"

iDa
eu

~

ur
iDi





la yDa
'li

~

ur
iDi
e.li



"
Ali
est
déja
parti
"
"

"

"


iDa
eu

~

ur
iDi




la yDa
'idda aa li

~

ur
iddi
3li





est
déja
parti
"
"

"

"
en combinaison avec la modalité aspectuelle la ( + inacc. ) , notre parler emploie la variante da (6)
(1.8) ( ••• ) aksum ur da ytruzum m3ada al tnac "
( ••• ) la vente de la viande n'est ouverte qu'à partir de midi • "

b) ad - th.I
Ici l' opposi tion aspectuelle ad - th.I / ad. - th.II est neutralisée , par contre avec d-ad , l'opposition d-ad - th.I / d-ad - th.II est maintenue :
ad th.I
/ ur - th.II

ad - th.II
ad yini " il dira "
ad i tini " il dira habituellement"
/ " il ne dira pas ‘’
d-ad yini "il dira" - / .ur d-ad yini "il ne dira pas "
d ad i tini " il dira habituellement " / ur d-ad i tini "il ne dira pas habituellement

4 - Quelques variations morphologiques sont à signaler :
- nous avons la variante wr quand ur est précédé d'une voyelle :
(B.176) yak, ma wr iri ad iddu ?
" n'est-ce pas, est-ce qu'il ne voulait pas partir? ‘’
(B.177) iħda 3li ma wr da itsksiw ħdd
..
‘’ Ali surveille si aucun ne regarde • ‘’
(B.17S) la tra3an ma wr tamzn takurt •
.
" ils essayent d'attraper le ballon

- au contact de la modalité ad , ur présente deux formes ; ad-ur(7), ou (a)wr (8) :
ad ur tini ay a •
(a)wr tini ay a •
" ne dis pas ceci ‘’
-mr " si ‘’ est un monéme à valeur négative, marquant l'hypothése ; il
s'emploie, presque toujours, avec l'acc. négatif qui le place dans un passé
ay a d ac bbix awal •
si tu dirais ceci , je me facherai’’

tandis que mridd " si " est un synthéme composé de mr " si " et idd " ce n'est pas " ; mridd se présente sous deux formes selon que la négation porte sur le prédicat verbal ( mridd is ) ou le prédicat non-verbal ( mridd ) :
(9.1) mridd is yix ay –nna tnna•••
" si j'avais fait ce qu'elle avait dit "
(9.13) mridd is ufix mani ġr aġ a drrxh•••
" si j'avais su où me rendre ••• "

(329 ( •••) mridd i wajjarr kw an tnġa yi ( ••• ) (10)
" ( ••• ) sans les voisins elle m'aurait tuée ( ••• ) "
quand mridd est suivi d'un verbe, il y a lieu de l'analyser comme la variante mr + d. :
(378) ( ••• ) mr idd att 3awtt , ad ac ix tnna mi ġa t3qqlt ! ( ••• ) (10)
" ( ••• ) si tu recommences, je te ferai quelque chose dont tu te souvienderas !(…)
Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

- La synthématigue de l’adverbe ur

a) L'adverbe ur peut être accompagné de certains monémes dont " la valeur, dans ces conditions est un simple renforcement de la négation " (11)
Ces monémes peuvent avoir soit un signifiant continu , c' est à dire juxtaposés à ur , soit un signifiant discontinu , séparés de ur par un syntagme prédicatif.
b) Si la négation porte sur le prédicat ou la relation prédicative , le signifiant de la négation est discontinu, c'est à dire le prédicat verbal se trouve encadré par ur , ca " quelque chose " , walu " rien" , ħdd " personne "
Cet élément peut avoir les fonctions suivantes :
- Complément explicatif :

(B. 179) ur illi ħdd.
"il n'y a personne • "
(B.180) ur illi walu.
"il n'y a rien. "
(B.181) ur illi ca •
" il n'y a rien. "
-objet :

(B.182) ur yufi walu •
" il n'a rien trouvé "
(B.183) ur nnix ca.
"je n'ai rien dit. "
A ce niveau, est-ce qu'il faut interpréter ca ( pronom indéfini emprunté à l'arabe) comme étant un pronom objet à part entière ( ur + ca ) ,ou sa grammaticalisation comme auxiliaire de négation ( ur ••• ca)? (12) "
Nous avons des cas où ca "n'est pas fondamentalement un élément de négation (13) , son apparition à côté de ur n'est pas obligatoire, raison pour laquelle T.G.Penchoen l'a considéré comme une expansion autonome du prédicat (14) :
(B.184) ur ihwid (ca) ġr fas.
"il n'est pas descendu à Fés
ur n'admettant pas ca comme deuxième élément de la négation, quand on a les nominaux suivants : ħdd " personne " , m3ada " sauf" agwd " aussi " walu "rien" •

" il n'y a que Ali qui est parti • "
(5.6) nkk , ur iy iqqimn m3ada ay a •
" moi, il ne me restait que ceci. "
(B. 186) ur annayx agwd yun •
" je n'ai vu personne
Ou quand le SV1 est l'un des verbes opérateurs :
(B.187) ur iri ad iddu •
" il ne veut pas partir • "

F.Bentolila (16) considére ur ••• sa comme" une variante libre de ur• " ; ca ne peut être " un pronom objet soit parce que le verbe n'admet pas d'objet ( ••• ) , soit parce que le prédicat a déjà un objet ( •••) "
(B.189) ur iddi ca •
" il n'est pas parti. "
(B.190) ur t yannay ca •
" il ne l'a pas vu • "
mais il y a des contextes où ca est d’un emploi facultatif, impliquant un choix de la part du locuteur, ou il se trouve dédoublé d'un autre ca
(10.22) u-llah mr idd i yiwl , da ur tqqim •
si ce n'était le mariage ( qui me retient ) , je jure que je serais parti •
(10.26) isul lwaħd mc ur yuwil ••• .
" ( bien sûr ) si on est pas marié
(B.191)ur izzniz (ca) i3ban ••• " •••
" il n'a pas vendu de vêtements " ...
(B. 192) ur ġur s annayx ca ca n tmttut
" je n'ai pas vu chez lui quelque femme "

- Indicateur de théme :

ur tslix •••
" je n'ai rien entendu " ...

« personne n’est venu » (17)

c) ur sert à former des synthémes comme ur - ya "ne pas vouloir" , usar " ne ••• " plus " , ur jjin " .. ne ••• Jamais " qui déterminent le verbe .
1-1 usar: est compatible avec l'acc. , l'inacc. , ad - Aoriste; son sens est celui de futur :
(10.20) usar ad inix iz d la 3icx •
" je ne dirai plus que je vis • "
(10.43) ( ••• ) usar ad yini iz d luqt la trħam ( ••• )
" ( ••• ) il ne dira plus que les temps sont cléments C ... )
1-2 ur jjin est compatible avec l'acc. négatif :
(10.39) ur jjin ssinx mata - nta ddunit •
" je n'ai jamais su ce que c'est la vie. " '"
(13.5) ur jjin ttqdi3t!? ( la prière) •
" tu ne l'as jamais arrêtée ? ".
(350) z i - Li ur jjin ur tħriq ••• (18)
"Depuis ce temps-là, elle n'a jamais quitté son foyer •••
dans une interro-négative , jjin peut s'employer seul sans la particule ur :
(B.195) jjin idda ad yannay lahl nns ?
" il n'est jamais allé voir sa famille? "
1-3. 3mru (19) " ne ... jamais" est compatible avec ad - Aoriste ,inacc , acc.
(10.16) 3mru ur itisin ddunit mani ġr taġul •
" il ne saura jamais le sens de la vie • "
(27) ulad lħja 3mru ur syyifn ( ••• ) (20)
" les Ulad Lhaj n'ont jamais fait de bonnes récoltes C ••• )
Ici, avec l'inacc. , la négation a une valeur précise et catégorique; tandis
que avec usar la référence est faite à un fait passé qui ne se reproduira plus.
En ce qui concerne l'opposition usar / ur jjin, nous retrouvons l'opposition

non-réel (usar) /réel( ur jjin) ; usar est réservé à des procés futurs , con-
ditionnels ; alors que ur jjin est réservé à des procés passés, réels.
Avec l’adverbe 3awd "encore" , la quanti té prend une interprétation durative ou itérative :
• ur injiħ (itératif)
" il n'a pas encore réussi. "
(B.197) 3awd ur yuwil (duratif)
" il ne s'est pas encore marié • "
nous remarquons , à travers ces exemples , que la négation avec " ne… pas encore" exprime l'itération (B.196) ; dans (B.197) , la durée peut être paraphrasée par " ne ••• pas de nouveau " •
Avec qqaħ le tour exprime la négation absolue " absolument pas" :
(B.198) qqaħ ur icci • •
" il n'a pas mangé du tout. "
au sujet de qqah "tout" et bzzaf " beaucoup" , une remarque s'impose: d'un point de vue de l'interprétation sémantique, il y a des énoncés qui sont ambigus :
(B.199) qqaħ ti3yyalin ur ccint •
" toutes les femmes n'ont pas mangé. "
ou
" les femmes n'ont pas mangé du tout. "
(B.200) bzzaf mddn a wr d iddin • cet énoncé admet deux lectures différentes ; il est paraphrasable comme suit :
(a) quelques uns de ces gens ne sont pas venus •
ou
(b) aucun de ces gens n'est venu.

Nous observons que ces énoncés , contenant un adverbe quantificateur et une négation , donnent lieu à une ambiguîté selon que la négation affecte le prédicat seul ou toute la relation prédicative •

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

Les variantes de ca : ur ….(ca)

La négation se présente sous deux formes (21) :
1) Si la négation porte sur le prédicat ou la relation prédicative, le signifiant est discontinu ; le deuxième élément de la négation peut avoir , dans ces cas , la forme ca , c , cay :
(B.201) ur t ssinx c•
" je ne le connais pas • "

(280)
"
Skndh di
s
iġsan
n baba
ħnini

a nttan ur
umizx ca
n
grc

,


---










.



n ħdd •
(22)
































"
je
brûlerais
en
cela les os
de

mon cher
père

si
je
pre»



,

nais une obole de quelqu'un. "
(B.202) ur t ssinx ca •
" je ne le connais pas • "
( 11 • 34 ) ( ••• ) nK , ur t 3qqilx cay ( ••• )
, je ne l'avais pas reconnu ( ••• ) "
dans (11.34) , l'élément c ay donne plus d'emphase à la négation.
2) Le signifiant continu ( ur idd , maci (23) ) se rencontre dans les cas suivants :
(a) négation d'une identification
(B.203) maci d aryaz •
" ce n'est pas un homme. "
(B.204) ur idd d aryaz •
" ce n'est pas un homme. "
(b) négation d'un terme anticipé ( sujet, objet, prédicat ••• )

(B.205) maci nkk ay t iccan •
" ce nest pas moi qui l'ai mangé. "
(B.206) maCi ur SSinX •••
" ce n'est pas parce que je ne comprenne pas ••• "
A) Dans ce qui a précédé , nous avons tenté de parler de " la négation formelle » (24) , c'est à dire une négation ayant recours à un marqueur grammatical; dans ce qui va suivre, l'étude sera consacrée à des énoncés où le positif et le négatif ont une équivalence sémantique •
La neutralisation de l'opposition ur/Ø, se rencontre aprés le verbe gwd " craindre" ; il y a opposition d'un signifié à sa négation:
(12.41) ( ••• ) gwdx ad iyi 3ardn •

" ( ••• ) j'ai peur qu'on m'agresse
(B. 207) gddx ad yini awal nna •
" je crains qu'il (ne) dise le secret en question. (25)
(B.208) gddx ur itini awal nna •
" je crains qu'il (ne) dise le secret en question.
B) Si nous examinons, maintenant, quelques exemples où le tour n'est pas à interpréter comme une question (26) ( demande d'information) , mais comme une assertion à contenu positif:
(B.209) is ur idd 3li ay d iddan ?
" est-ce que ce n'est pas Ali qui est venu? "
Comme l'atteste cet exemple, il ne s'agit pas d'une interrogation ayant un sens négatif •

Il est à signaler, aussi, des cas où le contenu positif d'un verbe exprime l'idée d'une négation sur le plan sémantique :
(B.210) la ytini is idda •
" il croit qu'il est parti. "
(B.211) la ytġal is idda •
" il croit qu'il est parti. "
(B.212) iggum ad iddu •
" il refuse de partir • "
Il apparait , à la suite de ces exemples, que ces verbes présupposent la faùsseté de l'expansion.
C) Dans les phrases subordonnées, la négation suscite des ambiguîtés sémantiques : c'est à ce niveau que se situe la différence entre une négation de phrase et une négation d'un terme de la phrase • (27)
(B.213) issn ad isiwl •
" il sait parler. "
(B.214) ur issin ad isiwl •
" il ne sait pas parler. "
(B.215) ? issn ur itsawal • (28)
(B.216) ira 3li ad yawl i mMi s •
" Ali veut marier son fils "
(B.217) ur iri 3li ad yawl i mMi s
" Ali ne veut pas marier son fils • "
Dans ces cas, la négation porte sur le verbe de la principale ( SV1) ; quand le verbe est sul "rester, demeurer" , la négation est située devant le sv2 de la subordonnée :

(B.218) isul ur iddi •
" il n'est pas encore parti • "
Bououd Ahmed
Bououd1@yahoo.fr

Notes ( ‘adverbe ur )

(1) A.Martinet Grammaire fonctionnelle du français p. 190 •
(2) ici aussi , on ne peut trancher pour savoir si la négation est une moda­lité ou un adverbe? Le critère de la compatibilité de la négation avec le présentatif d "c'est « permet de la ranger parmi les adverbes. ( cf. F. Bentolila ,Les classes d'unités significatives, p. 47 • )
(3) Si F.Bentolila a considéré l'interrogation comme une modalité d'énonciation
et non pas comme un adverbe, c'est parce que l'interrogation est en rapport d'exclusion mutuelle avec l'assertion et l'injonction. ( cf. Les classes d'unités significatives ,p. 47 ) et que les interrogatifs ont un comporte­ment syntaxique qui les prédisposent à être mis en relief •

(4) Nous nous sommes inspirés du classement de F.Bentolila , Gram.fonct. p.175 , Les classes d'unités significatives, p.47 •

L'adverbe de négation ur •

(1) J.Moeschler , Dire et contredire, p. 5 •
(2) Nous n'allons pas nous arrêter , plus longuement, à ce genre de négation. Ex : iGum ad iddu. , "il refuse de partir ."
(3) uridd peut être conçu comme un synthème formé de la particule ur et du pré­sentatif d servaat à actualiser les prédicats non-verbaux ; à côté de uridd , le parler utilise maci (emprunté à l'arabe ) qui a les mêmes latti tudes combinatoires que son homologue berbère •
(4)
A.Basset , Textes berbères
, p.179

(5)
of.
ici
.12.3
, p.110
;
et 11.4
, p. 113
(6)
cf.
ici
p.110




(7) ur préc~ée toujours le verbe qu'il détermine sauf si ce même prédicat est déterminé par ad , dans ce cas ur se place aprés ad•
(8) a wr exprime la défense •
(9) L.Galand , seminaire E.PH.E , le 3 -04 - 1981 ; A.Leguil , I.N.L.C.O le 4-12-1986 •
(10) A.Basset , ibid , P 185-186
(11) G.T.Penchoen , Etude syntaxique d'un parler berbère, P. 68 • L.Galand , Seminaire E.PH.E , 13- 02 -1981 •
(12) F.Bentolila , Gram. fonct • P. 178; et Sémantique •• et Etudes des unité. significatives, p. 4 •

(13) G.T.Penchoen, Etude syntaxique d'un parler berbère, p.12 •
(14) G.T.penchoen , ibid, p.16 •
(15) On pourrait dire, à partir de ces ex. , que la négation affecte le prédicat d'une part, et de l'autre le nominal.
(16) F.Bentolila , Sémantique et études des unités significatives, p. 4 •
(17) avec aGwd ,l'ordre est indifférent ; on peut avoir aussi ur d iddi agwd yun

(18) A.Basset , Textes berbères , p.173. Le premier terme de la négation estfacultatif chez les Art Nacer ; on pourrait avoir : (350) ( ••• ) ur jjin thri~c•••
(19) emprunté à l'arabe, est foraé de 3mr •• Age, vie" + pronom personnel On a 3mri •• de ma vie ", 3mrk •• de ta vie ••••••
(20) A.Basset , ibid, p. 14 • Chez les locuteurs d'Art Nacer , l'accord est de régle ; nous préférons ( 27) ulad lhaz 3.mrhum ur syyifn •
(21) cf. p. 158
(22) A.Basset , ibid , P.139; ka et ca , dans le parler des Art Sadden sont des variantes • cf. p 1.note (1).
(23) uridd et maci fonctionnent comme des variantes libres ; les locuteurs d'Art Nacer préférent l'utilisation de maci au profit de celle de uridd •
(24) cf.ici p155. et F.Brunet cité par F.Bentolila ( Gram. fonct • p. 184 )qui oppose « négations apparentes « et « négations réelles «
(25) Notons ici la présence, dans la traduction, du ne « discordanciel «
de la grammaire traditionneelle •
(26) Ceci correspond à ce que la grammaire appelle une
« question rhétorique «

(27) autrement dit la portée de la négation.
(28) Le symbole ( ? point d'interrogation) signifie la non-acceptabilité de
l'énoncé •
Ahmed Bououd , Université Hassan II , Casablanca
Bououd1@yahoo.fr


LES ADVERBES INTERROGATIFS
-1 ma "est-ce que" :
ma actualise des verbes et des prédicats introduits par l'identificateur d
" c'est" , ..
(B.219) ma d nK a mi tyit ay a ?
" est-ce que c'est à moi qu'as-tu fait ceci? "
(B.220) ma ~ is iDa ?
" est-ce qu'il est parti? "
(314) i ma d is ttlm i ma ta y is-s ibDn , ma ~ !tra !
"A-t-elle appelé quelqu'un pour l'assister, a-t-elle appelé ici, i ma ••• !tlm , i ma ••• !tra : dI
aprés A.Basset (1) , ne sont pas des propositions interrogatives mais exclamatives avec valeur d'indignation étonnée Sans le i , cette nuance ne se sentirait pas. Le i ma qui suit t~lm est le complément de tilm •
(B .22 1) ma uriD fa~ma ay ~ iDan ?
" est-ce que ce n'est pas Fatma qui est venue? "
~ coexiste avec les modalités aspectuelles suivantes
acc. , inacc. et d-ad
(th.I , th.II) , illustrées par le ve.rbe Du "partir" ;
ma th. III
: ma iDa ?
ma th. la -II : ma la y-tDu ?
ma d-ad (th.I, th.II )
ma ~-a~ iDu ? ma d-ad i tDu ?


167 ,.
L!interrogation est partïelle quand elle est introduite par divers monémes interrogatifs tels que ~ " où " elle est totale , quand elle est introduite par le monéme ~ "est-ce que ? " Les monémes interrogatifs ( mani ,~ sont obligatoires tandis que is est d'un emploi facultatif; dans ce cas, l'interrogation est rendue par le procédé de l'intonation ascendante:
(B.222) is iDa a~ yaNay may s ?
" est-ce qu'il est allé rendre visite à sa mère? "
(B.223) iDa a~ yaNay may s ?
" Est-il allé rendre visite à sa mère? "
is détermine un prédicat verbal , tandis que iz d détermine un prédicat non -
verbal (4) ; il coexiste avec le th.III , ~-~ -th.I , ~-~ -th.II , th.II :(5) (10.20) nK , usar ad iniÈ iz ~ la ~isÈ •
" moi , je ne dirai plus que je vis • "
(10.43) ( ••• ) usar ~ yini iz ~ luq1 la trham ( ••• )
" il ne dira plus que les temps sont cléments ( ••• ) "
Notons,au passage , la présence de da , variante de la + th.II dans un contexte
négatif :
(B.224) isqsa ! is itqra i Skwila ? (6)
" il lui a demandé s'il étudie à l'école? "
(B.225) isqsa! is da y-tqra i Skwila ?
" il lui a demandé s'il n'étudie pas à l'école ? "
Une autre particularité à signaler est la présence de ~ ( identificateur )
suivi par is


(B.226) aG it ad ie , ~ is iNa ur itnus da nui t ici " passe Je
‘’ laisse-le manger, c'est qu'il désire ne pas is permet l'antéposition , par rapport au prédicat verbal, des modali~ d'orientation spatiale et des pronoms régimes ( direct et indirect) ; 9
" est-ce qu'il lui a dit quelque chose? " Aprés le verbe af " valoir mieux" , is est analysé par L.Galand comme un 1 complément explicatif (7) ; alors qu'aprés les verbes opérateurs tels que J
" voir " , gal " croire " ••• , il a 1
" il sait qu'il est parti" ou" il a appris qu'il est 1
parti • "
1
L'interrogation peut, éventuellement, se combiner avec la négation pour que
1
n'est pas le cas pour ~ •
(B.229) is ~ iDa ~li ?
" est-ce que Ali est venu ? "
v (B.230) is as iNa sa ?
" savoir , apprendre " , aNay , ra9.a
la fonction de complément d'objet.
(B.231) yuf is Dih • (8)
" il vaut mieux que je parte • "
(B.232) iSn is iDa •
cette forme revienne
à l'affirmation ou la confirmation:
" est- ce qu'il n'est pas parti hier? "
(B.233) ur Sing is ~ iDa ?
‘’ je ne sais pas s'il est venu? ‘’
(B.234) is ur iDi i~Li ?

.
à cet égard , nous ci tons p. Fontanier pour qui la Il question - rhetorique " e une interrogation dont la caracterstique est à " prendre le tour interrogat non pas pour marquer un doute et provoquer une réponse , mais pour indiquer , au contraire la. plus grande persuasion et défier ceux à qui l'on parle de pou voir nier ou m~me répondre ( ••• ) • Mais une singularité frappante, c'est qu' avec la négation, elle affirme et que sans la négation elle nie • Il (9)

is peut
coexister
avec
Gin en
se
plaçant

aprés
lui
.


.


(B.235 )
v










Gin is
if Kr i
may
s
?





"
a-t-il
jamais
pensé
à
sa
mère
?
"
Bououd Ahmed
Ahmed











Bououd1@yahoo.fr













L’interrogatif mad :
Mad permet d'exprimer l'interrogation double ou être coordonnant alternatif; dans les énoncés interrogatifs, le segment mad apparaît devant un deuxième terme "sans qu'on puisse toujours décider si on a affaire à ma + d (présentatif ) ou s'il faut poser une nouvelle unité mad ( synthème) avec valeur de coordonnant alternatif. « (10) A ce propos, les exemples que nous reproduisons , ici , sont éclairants .,
(120) ( ••• ) bac ad yannay ma d is srrħn mad . la • (11)
" ( ••• ) pour voir si elle est bonne ou non
(136) ( ••• ) bac ad yannay mad . is isħa mad la; (12)
. « pour voir si la victime est grasse ou non . »
(B.236) is ica ma ( d ) isul ?
« est-ce qu'il a mangé ou pas encore? "
(B.237) yumz lkar mad lmacina ?
« a-t-il pris le car ou le train ? "
(238) is tfhm mad la ? (13)
" est-ce que tu as compris ou non ? "

mad est une variante libre de ma , uniquement , dans des énoncés interrogatifs ;

(B.236) is ica ma ysul ?
" est-ce qu'il a mangé ou pas encore? "
L'opposition réel~ non-réel réapparaît avec l'emploi des deux monémes coordonnants ( mad et xndd
" ou bien" ) ; mad est résevé au réel :
(B.237) isafr mad isul ?
" il a voyagé ou pas encore ? "
tandis que xndd relate des faits virtuels :
(B.238) asy it xndd ajj i t !
" prends - le ou laisse -le !"
Cette opposition ne semble pas être une régle , parce qu'on a des exemples qui sont aussi bien au réel qu'au non-réel :
(B.239) at tfsst xndd ak wwtx
" tais-toi ou je te frappe »
(B.240) at-tfsst mad ad inix •(14)
" tais-toi ou je dirai •
(B.241) yusy it xndd yujja t , nkk , maci cġli • (15)
" qu'il le prenne ou qu'il le laisse, moi, ce n'est
pas mon affaire •
Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

l’interrogatif wac

wac comme monéme interrogatif , est une variante de is ; le plus souvent , il coexiste avec lui :

(B.242) wac idda d ?
" est-ce qu'il est venu?
(B.243) is d idda ? "
est- ce qu'il est venu?

(B.244) wac is d idda ?
" est-ce qu'il est venu?
.,
La difference du comprtement de ces deux monémes ressort du fait que was n'admet pas l'antéposition des modalités d'orientation spatiale et les pronoms régimes direct et indirect •
ca : un autre procédé de l'interrogation est rendu par l'emploi de ca (16) • ca se place aprés un prédicat verbal qui n'admet pas d'expansion; le prédicat verbal est toujours à la deuxième , troisième personne ( singe plur. ) :
(B.245) tccit ca ?
" as-tu mangé ? "
Dans ce cas, la marque formelle de l'interrogation est l'intonation; si on place en tête de l'énoncé is
.l'élément ca acquiert la valeur de " chose" :
(B.246) is icca ca ? (17)
" est-ce qu'il a mangé quelque chose? "

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

l'adverbe interrogatif mani " où ":

mani (18) permet l'effacement du préverbe la devant l'inacc.
(B.247) mani gtili ?
" où se trouve –t- il habituellement? "
Il fonctionne tantôt comme interrogatif direct , tantôt comme interrogatifindirect ( il régit un prédicatoîde ). mani est compatible avec les fonctionnels ġr "vers" , zi "de « qui peuvent être en emploi absolu ( ou " préposition postposée" )
(9.13) ad ac ggallx mridd is ufix mani ġr a ġa drrx ixf inu., ur krihx
" je te le jure si j'avais su où donner de la tête, je n'aurai pas refusé • "

(10.19) … ur itisin mani zi d isud uzwu • - ...•
" ( ••• ) il ne sait pas de quel côté souffle le vent »
(B.247) ġr mani gdda ?
" où allait - il ? "
(B.248) zi mani d idda ?
" d'où venait - il ? "
ou
(B.249)



mani
ġr
iDa
?





"

allait
- il
?
"

(B.250)
mani
zi
d idda
?




"
d'où venait

il
?
"











mani est compatible avec les modalités aspectuelles suivantes :acc. (th.III) , inacc. (th.II) , ur -acc. négatif , ġa - I et ġa - II (cf. ex. 9.13 et 10.19°.

mani requiert la valeur de " quel" avec un nominal à l'état libre ( E.L)
(B.251) ara y- id alkas
" donne - moi le verre ! "
- mani alkas ?
" quel verre ? "
Avec les fonctionnels i , ġr et zi qui sont antéposés , mani peut être considéré comme un relatif :
(B.252) illa (i) mani gufa rraħt
" il est là où il est en paix

(B.253) 3aydn zi mani tn ttux•
" ils sont revenus d'où ils étaient "
le syntagme constitué par mani (i mani , ġr mani , zi mani , al mani ••• ) peut être déterminé par le monéme ay :

(B.254) iqim (i) mani ay t nujja
" il est resté où nous l'avions laissé "
le synthème mani s peut être suivi d'une apostrophe avec le sens de " quant" :

(333) mani c , a tamxibt Yamna ħddu la tssn ma ġa ijrun ••• (19)
" quant à la méchante Yamna Hddu , elle savait ce qui allait arriver "

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

l'adverbe interrogatif maxmi " pourquoi"

maxmi est compatible avec les modalités aspectuelles qui accompagnent mani :

(B.255) maxmi ur insi da ?
" pourquoi n'a t-il pas passé la nuit ici? "
(B.256) maxmi as isiwl ġif i ?
" pourquoi lui a t-il parlé de moi ? "
(11.29) ur ssinx maxmi ġi - s tra3an
" je ne savais pas pourquoi ils le cherchaient • "

Notre parler opére un choix entre maxmi et mmax "pourquoi" qui , ensemble , peuvent coexister en anticipant les satellites ; quand le parler recourtà mmax ,et pour que l'interrogation s'articule sur le verbe, il le fait suivre obligatoirement , par ally :

(11.28) mmax, nitni , maxmi ġi - s tra3an?
"pourquoi ,eux, ils le cherchaient ? "


(B.257) mmax ally ur iqqim ?
" pourquoi n'est -il pas resté? "
Parmi les interrogatifs qui sont compatibles avec ay , nous citons: milmi "quand" mcħal " combien" , régis par les prépositions zi " de " ġr " vers" , al " jusque" , i " dans , à " ; et maxmi "pourquoi"; alors que mism "comment" n'admet comme préposition que i
.
(14.5) maxmi a ġa atra3at ansa ?
"pourquoi chercheras -tu une place ? "
Dans d'autres emplois, nous trouvons frequemment mmax , quand l'interrogation est rendue par is ou may :
(326) ( ••• ) mmax m(a) - as ttuwit ? mmax m(a) - as yit zggwis ttuwtt ? (20)
" que lui as- tu apporté ? que lui as -tu fais depuis que tu es arrivée ? "
(B.25S) mmax ? is ur as 3limn ?
" pourquoi? est -ce qu'ils ne l'ont pas avisé? "

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

Les adverbes de comparaison

Notre parler dispose de amci " comme ceci , de cette façcon " amcis(·1)" comme cela , de cette façon-là" ammidin "comme si , comme cela " , amminna " comme si " et am " comme " •
Ils sont actualisés par d!" c'est" et déterminés par le monéme ay :

(B.259) d amci a ġa tarut
" c'est ainsi que tu écriras "
(5.2) amci a ġa. ( a) ac bdux
" c'est ainsi que je commencerai "
(7.11) amci ay ntġima mi3ad al iqrrb Lfjr
" c'est ainsi qu'on reste jusqu'à l'aube

am « comme » prend la forme simple devant les pronoms personnels et les nominaux marqués par l'E.A :
(10.20) am nkk , wahli ay mmutn
" comme moi , il y a longtemps qu'ils sont morts »
(10.31) am tmttut am uryaz •
" l'homme et la femme sont égaux. "
amalgamé à un pronom personnel, l'adverbe amci sert à ponctuer le récit (2) :
(B.260) ntta amcis la ytakkr , a3ssas ibdd gi s •
" alors qu'il était en train de voler ainsi, sur ce , le gardien le surpris . »
Ici, aussi, s'applique les trois critéres emis par F.Bentolila (3) afinde distinguer les subordonnants des pseudo-subordonnants; c'est-à-dire que le synthème comprenant le fonctionnel am "comme" et la modalité démonstra tive ( din, nna ) peut fonctionner comme fonctionnel subordonnant :
(B.261) la yħasb it amminna ag-għasb yma s
" il le considérait comme son frère. "
(B.262) a ġif nx ibdu amminna ġa ybdu x wi nns •
" il nous départagera comme il départagera les siens • "
amminna , selon le contexte, acquiert une fonction présentative ; l'expansion prédicatoidale peut être verbale ou non-verbale :
(300) ( ••• ) idd ddra ttmzin amm i zaydn cwi " ( ••• )’(4)
(….)quant au mais et à l'orge, on d.irait qu'ils ont augmenté un peu . »

(319) amm id inn ġur s izayd sidna 3ali ! (5)
" On dirait qu'a été mis au monde chez elle Sidna Ali "
(B.263) amminna ur ijri walu •
" c'est comme si de rien n'était. "
Ce même énoncé accepte , de préférence , le verbe iyy " faire"
(B.264) iyy amminna ur ijri walu •
" fait - comme si de rien n'était. "
D'autres emplois à valeur démonstrative sont possibles avec amci(s) :
(2.9) amcis l-l3ca , la ytili kulci ...
" aux alentours de la prière du soir , tout le monde est présent ••• "
( 6. 11) la nzzruy ayyur kamL amci ...
" nous passons le mois entier comme ça " ... .,
(B.26S) amcis n ttlata a nmlaqqa •
" nous nous rencontrerons aux alentours de trois heures • »
Pour rendre la comparaison, le berbère" ne posséde pas d'expression morphologique du degré. La comparaison d'égalité s'exprime, dialectalement , par am qui peut être répété devant les deux termes de la comparaison ( ••• ) " (6 ).
(a) le comparatif de superiorité s'exprime par le verbe af "valoir mieux »ou le fonctionnel x " sur «
(b) le comparatif d'égalité est rendu par am ‘’ comme" ; ce monéme peut avoir d'autres fonctions que celle -là: il est coordinatif dans :
(B.266) urjjin annayx ca n yun am 3li d mghand
je n'ai jamais vu quelqu'un tel qu'Ali et Muhand ‘’
(c) le superlatif absolu est rendu par bzzaf" beaucoup" •

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr


LES ADVERBES ET LEURS COMPATIBILITES PREPOSITIONNELLES (1)

-LES ADVERBES COMPATIBLES AVEC LES PREPOSITIONS


-1 Temps:
dġi " maintenant" , llinna" autrefois, tout à l'heure" , wahli " autre fois " , zik , bkri " autrefois , tôt" , (m)cħal ay a " il Y ya longtemps . » dima " toujours "
dlli " hier" , islid idli " avant hier" , askka "d emain “asnin wwaskka " aprés demain" ...
La liste n'est pas exhaustive, d'autres adverbes existent dont la référence est faite au mois, le jour, l'année, l'heure •••

-2 - Lieu:
- da " ici" (2) , dinn " là-bas" , dis " là "
- sya (d) "par ici , d'ici " (3) , syinn " par là-bas , de là" ,syis « par l'endroit en question. "
-urinn "au delà " " plus loin" , siwra " en deça . »
- i wksar "en bas " i wsawn " en haut " , brra "dehors , à l'exterieur « tama(n) "à côté", daxl " dedans , à l'interieur " , dffir "derrière" tat "devant "
mnid , tanila "en face " •

-LES ADVERBES NON-COMPATIBLES AVEC LES PREPOSITIONS

-1- Temps:
3ad " alors " , dix , al tu , 3awd "encore" , b3da " d'abord " ••

-2- Quantité:
qbala , bzzaf " beaucoup " , cwi " un peu " , ktr " plus " , qqaħ " tout à fait" , qll " moins" , drus " trop peu" , ukan " seulement" •
-3- Adverbes à valeur modale (1):
imkn " peut- être " , bssif " de force" (2) , ddra3 " de force" , tmara " contre son gré « , nnit " justement" , batl " gratuitement « , nican " direc- tement «•

-4- Les charnières logiques (3) .,
manic " or ‘’ , ħqqn " en effet" , ħqqa ‘’ au fait" , zix , hiyya " donc" , lfayda " bref " ,lħasul "finalement" •

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr


Les adverbes Xas et hli ‘’ seulement "

-1- xas peut déterminer un verbe , un nominal , un nominal régi par un fonctionnel et un pronom personnel :

(17.2) (.... ) xas a tawim muhand (•.• ) "
(••• ) seulement vous emmenerez Muhand (… ) "
(B.267) xa cc !
"mange seulement! ‘’
(14.8) xas tadggwat a la mlaqqax di s

( … ) justement je l'ai rencontré cet aprés-midi • "
(B.268) frrqn t xas i yryzn •
‘’ ils l'on distribué seulement aux hommes. ‘’
(210) (••• ) la ixddm aynn a i3ddan xas s yi d ( .•• ) ( 1)
.
C ••• ) il travaille en général seulement le soir C ••• ) "
(206) ( ... ) ur ntgg xas cgg •(.. ) (2)
" (••• ) nous ne voulons que toi ( ••• ) ‘’
Nous pouvons mentionner , aussi , des énoncés où xas détermine un nominal suivi du monéme ay :
(B.269) xas ntta ay d iddan. (3)
" il n'y a que lui qui est venu • ‘’


(324) wallaynni mc ġur s qqimx xas cmm ag-gurw muhand amqran • (4)
Litt. : " mais si je reste chez lui, (c'est) seulement toi (qu')a engendrée M.A "
" Mais si je reste chez ( mon mari ) , tu es vraiment la fille de Muhand Amqqran • "

Avec l'adverbe de négation ur , xas sert à exprimer la négation restrictive ( ne ••• que) :
(B.270) ur as iqqim xas yun •
" Il ne lui reste qu'un seul • "
(203) ( ••• ) Iħlam ,ur t iyyin xas lqurtas. (5)
" la justice n'était pas autre chose que la cartouche. "
Avec xas , le deuxième segment d'une proposition peut être le résultat d'une partie extraite d'un tout:
(B.271) qaħ 3zzant , xas 3li
" tout le monde lui a présenté les condoléances, sauf Ali . »
un autre exemple avec ur ••• x as traduit l'exception :
(B.272) ur ssin xas i tiyta (6)
" il ne sait que frapper. "

-2- hLli , comme xas , détermine un verbe , un nominal ; contrairement à xas , ici l'ordre est indifférent :
(B.273) hlli ur t3awd iħzmin • • •
" seulement ne racontes pas n'importe quoi. "
(B.274) ur t3awd hlli iħzmin •
" ne racontes pas, seulement, n'importe quoi. "
La libre déplaçabilité de hlli et son "contenu sémantique moins précis que
celui de xas ( ••• ) font qu'on ne peut pas toujours définir avec certitude son point d'incidence. " (7)

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

vendredi 3 juillet 2009

adverbe de négation ur

LES ADVERBES

1 - Les grammaires traditionnelles font des adverbes un classement fondé sur le sens ; elles distinguent les adverbes de lieu , de temps , de manière , d'intensité, de quantité •••
Ainsi l'hétérogénéité qui régne au sein des adverbes concerne, essentiellemet les adverbes de temps qui se répartissent en sous-classes selon qu'ils précisent le moment de l'action ( dġi " maintenant" ) , la durée de l'action ( dima " toujours" ) , l'ordre de succession de l'action ( qbl " avant") •• '
2- En face de la définition traditionnelle, les fonctionnalistes définissent ­les adverbes comme des" monémes ou des synthémes autonomes" (1) marquant, par eux - mêmes , leur fonction •

Notre étude portera sur l'adverbe de négation ur (2) , les adverbes interrogatifs (3) , les adverbes de comparaison, les adverbes compatibles avec les prépositions, les adverbes non-compatibles avec les prépositions, les adverbes has et hlli " seulement " (4) , les adverbes à valeur modale , les adverbes de quantité.

-1- L'ADVERBE DE NEGATION : ur

1 - La négation, comme l'interrogation, est un domaine où convergent les recherches en syntaxe , pragmatique ( " énonciatique " ) , sémantique et logique • Du point de vue linguistique , sur le terme " négation" pése une ambiguIté " puisqu,'il peut renvoyer tant à la forme de l'énoncé qu'à son sens" (1) Il s'agit, donc, de distinguer entre une négation formelle, caracterisée par la présence d'un monéme de négation; et une négation sémantique, c'est à dire le sens négatif d'un énoncé sa négativité sémantique. (2) .
2- Dans le parler des AIt Sadden , la négation s'opére par le monéme ur , qui porte sur le prédicat verbal; tandis que uridd (3) détermine les prédicats non- verbaux • Quand uridd nie un prédicat verbal , il est suivi , obligatoirement , de is ;
(B.174) uiridd is ira ad iqqim ... " ce n'est pas parce qu'il voulait rester •••• "
les deux variantes (uridd - maci ) peuvent actualiser comme prédicats un syntagme autonomisé :
(B.175) uridd zi fas ay d idda
maci zi fas ay d idda •
" ce n'est pas de Fés qu'il est venu. "
(9.16) ( ••• ) la cix luqr i yxf inw , uridd i ddll ( ••• )
( ••• ) je me serai tenu à l'écart au lieu de cette humilia tian
(363) ( ••• ) lħbs d lbarud i iryzn a mi illa , ur idd i t3yyalin ( •••
" ( ••• ) la prison et le combat, c'est pour les hommes qu'ils sont faits et non pour les femmes ( ••• ) " (4)
ou un syntagme verbal :
. (12.10) ( ••• ) la ytswwar maci la ytaru
( ••• ) il n'écrit pas mai s il photographie
3 - ur peut coexister avec les modalités aspectuelles :
a) accompli :
Comme il a été signalé (5) , les thémes verbaux des formes de l'acc. et de l'acc. négatif sont soit identiques, soit differents à l'aide des alternances vocaliques; en combinaison avec l'acc. concomitant, il y a neutralisation:

iDa
eu

~

ur
iDi





Idda 3
3li
~

ur
iddi
3li



"
Ali
est
déja
parti
"
Ali n’est pas parti











_ 0>"


"

iDa
eu

~

ur
iDi





la yDa
'li

~

ur
iDi
e.li



"
Ali
est
déja
parti
"
"

"

"

iDa
eu

~

ur
iDi




la yDa
'idda aa li

~

ur
iddi
3li





est
déja
parti
"
"

"

"
en combinaison avec la modalité aspectuelle la ( + inacc. ) , notre parler emploie la variante da (6)
(1.8) ( ••• ) aksum ur da ytruzum m3ada al tnac "
( ••• ) la vente de la viande n'est ouverte qu'à partir de midi • "

b) ad - th.I
Ici l' opposi tion aspectuelle ad - th.I / ad. - th.II est neutralisée , par contre avec d-ad , l'opposition d-ad - th.I / d-ad - th.II est maintenue :
ad th.I
/ ur - th.II

ad - th.II
ad yini " il dira "
ad i tini " il dira habituellement"
/ " il ne dira pas ‘’
d-ad yini "il dira" - / .ur d-ad yini "il ne dira pas "
d ad i tini " il dira habituellement " / ur d-ad i tini "il ne dira pas habituellement

4 - Quelques variations morphologiques sont à signaler :
- nous avons la variante wr quand ur est précédé d'une voyelle :
(B.176) yak, ma wr iri ad iddu ?
" n'est-ce pas, est-ce qu'il ne voulait pas partir? ‘’
(B.177) iħda 3li ma wr da itsksiw ħdd
..
‘’ Ali surveille si aucun ne regarde • ‘’
(B.17S) la tra3an ma wr tamzn takurt •
.
" ils essayent d'attraper le ballon

- au contact de la modalité ad , ur présente deux formes ; ad-ur(7), ou (a)wr (8) :
ad ur tini ay a •
(a)wr tini ay a •
" ne dis pas ceci ‘’
-mr " si ‘’ est un monéme à valeur négative, marquant l'hypothése ; il
s'emploie, presque toujours, avec l'acc. négatif qui le place dans un passé
ay a d ac bbix awal •
si tu dirais ceci , je me facherai’’

tandis que mridd " si " est un synthéme composé de mr " si " et idd " ce n'est pas " ; mridd se présente sous deux formes selon que la négation porte sur le prédicat verbal ( mridd is ) ou le prédicat non-verbal ( mridd ) :
(9.1) mridd is yix ay –nna tnna•••
" si j'avais fait ce qu'elle avait dit "
(9.13) mridd is ufix mani ġr aġ a drrxh•••
" si j'avais su où me rendre ••• "

(329 ( •••) mridd i wajjarr kw an tnġa yi ( ••• ) (10)
" ( ••• ) sans les voisins elle m'aurait tuée ( ••• ) "
quand mridd est suivi d'un verbe, il y a lieu de l'analyser comme la variante mr + d. :
(378) ( ••• ) mr idd att 3awtt , ad ac ix tnna mi ġa t3qqlt ! ( ••• ) (10)
" ( ••• ) si tu recommences, je te ferai quelque chose dont tu te souvienderas !(…)
Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

5 - La synthématigue :
a) L'adverbe ur peut être accompagné de certains monémes dont " la valeur, dans ces conditions est un simple renforcement de la négation " (11)
Ces monémes peuvent avoir soit un signifiant continu , c' est à dire juxtaposés à ur , soit un signifiant discontinu , séparés de ur par un syntagme prédicatif.
b) Si la négation porte sur le prédicat ou la relation prédicative , le signifiant de la négation est discontinu, c'est à dire le prédicat verbal se trouve encadré par ur , ca " quelque chose " , walu " rien" , ħdd " personne "
Cet élément peut avoir les fonctions suivantes :
- Complément explicatif :

(B. 179) ur illi ħdd.
"il n'y a personne • "
(B.180) ur illi walu.
"il n'y a rien. "
(B.181) ur illi ca •
" il n'y a rien. "
-objet :

(B.182) ur yufi walu •
" il n'a rien trouvé "
(B.183) ur nnix ca.
"je n'ai rien dit. "
A ce niveau, est-ce qu'il faut interpréter ca ( pronom indéfini emprunté à l'arabe) comme étant un pronom objet à part entière ( ur + ca ) ,ou sa grammaticalisation comme auxiliaire de négation ( ur ••• ca)? (12) "
Nous avons des cas où ca "n'est pas fondamentalement un élément de négation (13) , son apparition à côté de ur n'est pas obligatoire, raison pour laquelle T.G.Penchoen l'a considéré comme une expansion autonome du prédicat (14) :
(B.184) ur ihwid (ca) ġr fas.
"il n'est pas descendu à Fés
ur n'admettant pas ca comme deuxième élément de la négation, quand on a les nominaux suivants : ħdd " personne " , m3ada " sauf" agwd " aussi " walu "rien" •

" il n'y a que Ali qui est parti • "
(5.6) nkk , ur iy iqqimn m3ada ay a •
" moi, il ne me restait que ceci. "
(B. 186) ur annayx agwd yun •
" je n'ai vu personne
Ou quand le SV1 est l'un des verbes opérateurs :
(B.187) ur iri ad iddu •
" il ne veut pas partir • "

F.Bentolila (16) considére ur ••• sa comme" une variante libre de ur• " ; ca ne peut être " un pronom objet soit parce que le verbe n'admet pas d'objet ( ••• ) , soit parce que le prédicat a déjà un objet ( •••) "
(B.189) ur iddi ca •
" il n'est pas parti. "
(B.190) ur t yannay ca •
" il ne l'a pas vu • "
mais il y a des contextes où ca est d’un emploi facultatif, impliquant un choix de la part du locuteur, ou il se trouve dédoublé d'un autre ca
(10.22) u-llah mr idd i yiwl , da ur tqqim •
si ce n'était le mariage ( qui me retient ) , je jure que je serais parti •
(10.26) isul lwaħd mc ur yuwil ••• .
" ( bien sûr ) si on est pas marié
(B.191)ur izzniz (ca) i3ban ••• " •••
" il n'a pas vendu de vêtements " ...
(B. 192) ur ġur s annayx ca ca n tmttut
" je n'ai pas vu chez lui quelque femme "

- Indicateur de théme :

ca ur tslix •••
" je n'ai rien entendu " ...

« personne n’est venu » (17)

c) ur sert à former des synthémes comme ur - ya "ne pas vouloir" , usar " ne ••• " plus " , ur jjin " .. ne ••• Jamais " qui déterminent le verbe .
1-1 usar: est compatible avec l'acc. , l'inacc. , ad - Aoriste; son sens est celui de futur :
(10.20) usar ad inix iz d la 3icx •
" je ne dirai plus que je vis • "
(10.43) ( ••• ) usar ad yini iz d luqt la trħam ( ••• )
" ( ••• ) il ne dira plus que les temps sont cléments C ... )
1-2 ur jjin est compatible avec l'acc. négatif :
(10.39) ur jjin ssinx mata - nta ddunit •
" je n'ai jamais su ce que c'est la vie. " '"
(13.5) ur jjin ttqdi3t!? ( la prière) •
" tu ne l'as jamais arrêtée ? ".
(350) z i - Li ur jjin ur tħriq ••• (18)
"Depuis ce temps-là, elle n'a jamais quitté son foyer •••
dans une interro-négative , jjin peut s'employer seul sans la particule ur :
(B.195) jjin idda ad yannay lahl nns ?
" il n'est jamais allé voir sa famille? "
1-3. 3mru (19) " ne ... jamais" est compatible avec ad - Aoriste ,inacc , acc.
(10.16) 3mru ur itisin ddunit mani ġr taġul •
" il ne saura jamais le sens de la vie • "
(27) ulad lħja 3mru ur syyifn ( ••• ) (20)
" les Ulad Lhaj n'ont jamais fait de bonnes récoltes C ••• )
Ici, avec l'inacc. , la négation a une valeur précise et catégorique; tandis
que avec usar la référence est faite à un fait passé qui ne se reproduira plus.
En ce qui concerne l'opposition usar / ur jjin, nous retrouvons l'opposition

non-réel (usar) /réel( ur jjin) ; usar est réservé à des procés futurs , con-
ditionnels ; alors que ur jjin est réservé à des procés passés, réels.
Avec l’adverbe 3awd "encore" , la quanti té prend une interprétation durative ou itérative :
• ur injiħ (itératif)
" il n'a pas encore réussi. "
(B.197) 3awd ur yuwil (duratif)
" il ne s'est pas encore marié • "
nous remarquons , à travers ces exemples , que la négation avec " ne… pas encore" exprime l'itération (B.196) ; dans (B.197) , la durée peut être paraphrasée par " ne ••• pas de nouveau " •
Avec qqaħ le tour exprime la négation absolue " absolument pas" :
(B.198) qqaħ ur icci • •
" il n'a pas mangé du tout. "
au sujet de qqah "tout" et bzzaf " beaucoup" , une remarque s'impose: d'un point de vue de l'interprétation sémantique, il y a des énoncés qui sont ambigus :
(B.199) qqaħ ti3yyalin ur ccint •
" toutes les femmes n'ont pas mangé. "
ou
" les femmes n'ont pas mangé du tout. "
(B.200) bzzaf mddn a wr d iddin • cet énoncé admet deux lectures différentes ; il est paraphrasable comme suit :
(a) quelques uns de ces gens ne sont pas venus •
ou
(b) aucun de ces gens n'est venu.

Nous observons que ces énoncés , contenant un adverbe quantificateur et une négation , donnent lieu à une ambiguîté selon que la négation affecte le prédicat seul ou toute la relation prédicative •

Ahmed Bououd
Bououd1@yahoo.fr

1-4 Les variantes de ca :

La négation se présente sous deux formes (21) :
1) Si la négation porte sur le prédicat ou la relation prédicative, le signifiant est discontinu ; le deuxième élément de la négation peut avoir , dans ces cas , la forme ca , c , cay :
(B.201) ur t ssinx c•
" je ne le connais pas • "

(280)
"
Skndh di
s
iġsan
n baba
ħnini

a nttan ur
umizx ca
n
grc

,


---










.



n ħdd •
(22)
































"
je
brûlerais
en
cela les os
de

mon cher
père

si
je
pre»



,

nais une obole de quelqu'un. "
(B.202) ur t ssinx ca •
" je ne le connais pas • "
( 11 • 34 ) ( ••• ) nK , ur t 3qqilx cay ( ••• )
, je ne l'avais pas reconnu ( ••• ) "
dans (11.34) , l'élément c ay donne plus d'emphase à la négation.
2) Le signifiant continu ( ur idd , maci (23) ) se rencontre dans les cas suivants :
(a) négation d'une identification
(B.203) maci d aryaz •
" ce n'est pas un homme. "
(B.204) ur idd d aryaz •
" ce n'est pas un homme. "
(b) négation d'un terme anticipé ( sujet, objet, prédicat ••• )

(B.205) maci nkk ay t iccan •
" ce nest pas moi qui l'ai mangé. "
(B.206) maCi ur SSinX •••
" ce n'est pas parce que je ne comprenne pas ••• "
A) Dans ce qui a précédé , nous avons tenté de parler de " la négation formelle » (24) , c'est à dire une négation ayant recours à un marqueur grammatical; dans ce qui va suivre, l'étude sera consacrée à des énoncés où le positif et le négatif ont une équivalence sémantique •
La neutralisation de l'opposition ur/Ø, se rencontre aprés le verbe gwd " craindre" ; il y a opposition d'un signifié à sa négation:
(12.41) ( ••• ) gwdx ad iyi 3ardn •

" ( ••• ) j'ai peur qu'on m'agresse
(B. 207) gddx ad yini awal nna •
" je crains qu'il (ne) dise le secret en question. (25)
(B.208) gddx ur itini awal nna •
" je crains qu'il (ne) dise le secret en question.
B) Si nous examinons, maintenant, quelques exemples où le tour n'est pas à interpréter comme une question (26) ( demande d'information) , mais comme une assertion à contenu positif:
(B.209) is ur idd 3li ay d iddan ?
" est-ce que ce n'est pas Ali qui est venu? "
Comme l'atteste cet exemple, il ne s'agit pas d'une interrogation ayant un sens négatif •

Il est à signaler, aussi, des cas où le contenu positif d'un verbe exprime l'idée d'une négation sur le plan sémantique :
(B.210) la ytini is idda •
" il croit qu'il est parti. "
(B.211) la ytġal is idda •
" il croit qu'il est parti. "
(B.212) iggum ad iddu •
" il refuse de partir • "
Il apparait , à la suite de ces exemples, que ces verbes présupposent la faùsseté de l'expansion.
C) Dans les phrases subordonnées, la négation suscite des ambiguîtés sémantiques : c'est à ce niveau que se situe la différence entre une négation de phrase et une négation d'un terme de la phrase • (27)
(B.213) issn ad isiwl •
" il sait parler. "
(B.214) ur issin ad isiwl •
" il ne sait pas parler. "
(B.215) ? issn ur itsawal • (28)
(B.216) ira 3li ad yawl i mMi s •
" Ali veut marier son fils "
(B.217) ur iri 3li ad yawl i mMi s
" Ali ne veut pas marier son fils • "
Dans ces cas, la négation porte sur le verbe de la principale ( SV1) ; quand le verbe est sul "rester, demeurer" , la négation est située devant le sv2 de la subordonnée :

(B.218) isul ur iddi •
" il n'est pas encore parti • "

Notes

(1) A.Martinet Grammaire fonctionnelle du français p. 190 •
(2) ici aussi , on ne peut trancher pour savoir si la négation est une moda­lité ou un adverbe? Le critère de la compatibilité de la négation avec le présentatif d "c'est « permet de la ranger parmi les adverbes. ( cf. F. Bentolila ,Les classes d'unités significatives, p. 47 • )
(3) Si F.Bentolila a considéré l'interrogation comme une modalité d'énonciation
et non pas comme un adverbe, c'est parce que l'interrogation est en rapport d'exclusion mutuelle avec l'assertion et l'injonction. ( cf. Les classes d'unités significatives ,p. 47 ) et que les interrogatifs ont un comporte­ment syntaxique qui les prédisposent à être mis en relief •

(4) Nous nous sommes inspirés du classement de F.Bentolila , Gram.fonct. p.175 , Les classes d'unités significatives, p.47 •

L'adverbe de négation ur •

(1) J.Moeschler , Dire et contredire, p. 5 •
(2) Nous n'allons pas nous arrêter , plus longuement, à ce genre de négation. Ex : iGum ad iddu. , "il refuse de partir ."
(3) uridd peut être conçu comme un synthème formé de la particule ur et du pré­sentatif d servaat à actualiser les prédicats non-verbaux ; à côté de uridd , le parler utilise maci (emprunté à l'arabe ) qui a les mêmes latti tudes combinatoires que son homologue berbère •
(4)
A.Basset , Textes berbères
, p.179

(5)
of.
ici
.12.3
, p.110
;
et 11.4
, p. 113
(6)
cf.
ici
p.110




(7) ur préc~ée toujours le verbe qu'il détermine sauf si ce même prédicat est déterminé par ad , dans ce cas ur se place aprés ad•
(8) a wr exprime la défense •
(9) L.Galand , seminaire E.PH.E , le 3 -04 - 1981 ; A.Leguil , I.N.L.C.O le 4-12-1986 •
(10) A.Basset , ibid , P 185-186
(11) G.T.Penchoen , Etude syntaxique d'un parler berbère, P. 68 • L.Galand , Seminaire E.PH.E , 13- 02 -1981 •
(12) F.Bentolila , Gram. fonct • P. 178; et Sémantique •• et Etudes des unité. significatives, p. 4 •

(13) G.T.Penchoen, Etude syntaxique d'un parler berbère, p.12 •
(14) G.T.penchoen , ibid, p.16 •
(15) On pourrait dire, à partir de ces ex. , que la négation affecte le prédicat d'une part, et de l'autre le nominal.
(16) F.Bentolila , Sémantique et études des unités significatives, p. 4 •
(17) avec aGwd ,l'ordre est indifférent ; on peut avoir aussi ur d iddi agwd yun

(18) A.Basset , Textes berbères , p.173. Le premier terme de la négation estfacultatif chez les Art Nacer ; on pourrait avoir : (350) ( ••• ) ur jjin thri~c•••
(19) emprunté à l'arabe, est foraé de 3mr •• Age, vie" + pronom personnel On a 3mri •• de ma vie ", 3mrk •• de ta vie ••••••
(20) A.Basset , ibid, p. 14 • Chez les locuteurs d'Art Nacer , l'accord est de régle ; nous préférons ( 27) ulad lhaz 3.mrhum ur syyifn •
(21) cf. p. 158
(22) A.Basset , ibid , P.139; ka et ca , dans le parler des Art Sadden sont des variantes • cf. p 1.note (1).
(23) uridd et maci fonctionnent comme des variantes libres ; les locuteurs d'Art Nacer préférent l'utilisation de maci au profit de celle de uridd •
(24) cf.ici p155. et F.Brunet cité par F.Bentolila ( Gram. fonct • p. 184 )qui oppose « négations apparentes « et « négations réelles «
(25) Notons ici la présence, dans la traduction, du ne « discordanciel «
de la grammaire traditionneelle •
(26) Ceci correspond à ce que la grammaire appelle une
« question rhétorique «

(27) autrement dit la portée de la négation.
(28) Le symbole ( ? point d'interrogation) signifie la non-acceptabilité de
l'énoncé •
Ahmed Bououd , Université Hassan II , Casablanca
Bououd1@yahoo.fr

mardi 30 juin 2009

aspect en tamazighte

LES VALEURS DES MODALITES ASPECTUELLES.

-1 LA PROBLEMATIQUE DE L'ASPECT EN LINGUISTIQUE:

-1-1 L'étude de divers systèmes verbaux a conduit plusieurs linguistes à établir une typologie de langues : il y a des langues qui accordent la priorité à la notion de temps( temporelles), celles qui accordent la priorité à la notion d'aspect(aspectuelles) et d'autres qui amalgament les deux notions(aspectuo-temporelles).
-1-2 En linguistique générale , l'aspect est considéré comme une catégorie grammaticale au même titre que le temps et le mode; l'aspect a bénéficié d'un intérêt particulier dans les études linguistiques.
Ce fait a permis une abondance de termes et une divergence de points de vues ; pour cerner les contours de l'aspect et le séparer des autres catégories, la linguistique a conçu une méthodologie pour l'analyse du systéme verbal: une démarche sémasiologique et une démarche onomasiologique (1) •
Les linguistes ont opté pour la démarche sémasiologique dont le but est d'étudier l'unité linguistique à partir des oppositions paradigmatiques de signifiants et des combinaisons entre cette unité et les autres unités de la chaîne : c'est une démarche qui part du signifiant pour découvrir et aboutir au signifié (2) • Quant à l'onomasiologie, suppose des concepts et des universaux applicables à toutes les langues; elle part du signifié pour découvrir le signifiant (3) .Les limites de la démarche onomasiologique est d'imposer à un systéme verbal en général, et à l'aspect en particulier, des signifiés qu'ils n'ont pas.
-1-3 Si l'on définit l'aspect comme la "manière dont se déroule le procés " (4) ; cette définition aura un caractère assez général et " laisse à désirer quant à la précision des moyens qui se chargent d'exprimer ce déroulement dans une langue « (5) ; c'est dans cette problématique que se situe le débat sur la nécéssité de distinguer entre un « aspect grammatical « et « un aspect lexical « (6) , dans le premier cas, il s'agit d'alternances régulières qui font intervenir des listes fermées ( grammaire ) ; tandis que dans le second, il s'agit de dérivations faisant intervenir des listes ouvertes ( lexique) •
-1-4 Si le « tmode de procés « ne fait pas l'objet d'un choix de la part du locuteur, l'aspect grammatical, par contre ,en est un ; donc, comme l'ont fait remarquer M.Golian et A.Leguil (7) , l'aspect grammatical est considéré comme une « modalité « qui « exprime la manière dont se déroule le procés . » (8) • A côté de cette définition générale, on trouve une définition plus restreinte et stricte qui rend compte des différents types d'aspect ( cf. accompli / inac­compli ) •
-1-5 Aprés l'opposition aspect / mode de procès ,il est convenable d'effectuer une autre opposition, à savoir: aspect et temps (9) • A titre de comparaison , il est à rappeler que la plupart des arabisants ont longtemps conçu le systéme verbal de l'arabe comme étant aspectuel (10) - combiné au temps - , tandis que les grammairiens arabes fondaient ce systéme sur la notion de temps (11) • La problématique du fonctionnement de cette opposition a été analysée par D.Cohen d'une manière explicite; partant d'une comparaison avec le systéme verbal russe, l'auteur a conclu que le systéme arabe est « aspectif dans son fonctionnement fondamental (12) ensuite, l'arabe ne présente pas une double organisation ; son systéme est organisé pour exprimer de manière privilegiée l'une des deux notions, précisément celle de l'aspect, car, pour le temps , il est facile de voir que chacune des formes acc ou inacc , peut être située par le contexte dans n'importe quel rapport temporel avec le moment de l'énonciation" (13) .Si les langues à aspect, à travers une évolution, passent à l'expression du temps c'est parce que ces langues ont introduit dans leur systéme les valeurs de concomitance.
-1-6 Pour ce qui est du berbère ,L.Galand (14) a eu le mérite de suggérer une autre présentation; il a fait du préterit l'accompli(th.III) et de l'aoriste intensif l'inaccompli (Tb .11) ; quant à l'aoriste ( th.I) , L.Galand le considére comme une " forme neutre" (15) par rapport à l'opposition aspectuelle ; le remaniement de L.Galand consiste à appeler les thémes II et III , inaccompli et accompli afin de répondre à l'idée de " renouvelle ment de certaines formes verbales" (16) tel qu'il a été émis par D.Cohen et " l'appartenance du berbère au domaine chami to-sémi tique " (17) •

-2 POUR DEGAGER LES VALEURS ASPECTUELLES PRESENTES DANS NOTRE PARLER : Nous avons jugé nécéssaire de nous conformer à l'analyse de F.Bentolila portant sur le parler des Aît Seghrouchen ( 18) :
- l'analyse consiste à opposer les valeurs des modalités aspectuelles l'une à l'autre pour former des classes homogènes; il se peut que la modalité aspectuelle puisse être accompagnée par l'une des modalités satellites.
- un syntagme verbal est susceptible d'apparaître dans un contexte ou dans un autre ; autrement dit, il peut assumer le rôle du premier prédicat de l'énoncé ( position libre selon F.Bentolila (19) ) d'une part, ou apparaître aprés au moins un autre prédicat ( position appuyée (20) ) de l'autre part.
-2-1 Les formes de la position libre:
Nous rencontrons dans cette position les formes du réel
-2-1-1 L’accompli ( th.III) :
Il présente le procés comme" achevé et le raméne à un point ponctuel" (21) , seules les instances énonciatives peuvent l'interpréter comme un passé, un présent ou un omnitemporel •
-2-1-2 L’inaccompli ( th.II) :
La est l'actualisateur de l'inaccompli; il le place dans le réel. L'inaccompli,selon L.Galand , indique le plus souvent le " procés habituel ou le procés en cours. Cette habitude ou ce déroulement peuvent se situer aussi bien dans un temps écoulé qu'au moment de l'énoncé: en d'autres termes, la précision temporelle est donnée par le contexte ou par la situation, et non par la forme verbale" (22) • Si on paraphrase L.Galand , nous pouvons dire que l'inaccompli exprime un procés non-achevé qui peut être présenté sous deux formes: itératif ou duratif, selon le contexte ou le sémantisme de la forme verbale :
valeur durative: la ytaru " il est en train d'écrire "
valeur itérative :la ytaru " il a l'habitude d'écrire"
(1.5) la tkkrn mddn bkri " les gens se lèvent tôt "
Si le parler veut exprimer la concomitance, le recours est fait à ili " être " dans son emploi comme auxiliaire :
(3.5 ) la tili mayt sn la tya jaj n ccanta ••• " leur mère leur ayant mis dans leurs cartables ••• "
(14.10) mc lla la yxddm i l-idara ••• " s'il se trouve qu'il travaille à l'administration ••• "
Toujours au niveau de la concomitance, il y a lieu aussi de relever l'inacc. concomitant (la- II) et le non-concomitant (th.II sans préverbe) (23) ; le préverbe la peut être considéré comme porteur du sens modal du réel :
(1.11) la ytsmun ay nn( a) agsγa ‘’il ramasse ce qu'il a acheté ‘’
(2.3) la d issaγ aħuli ….
. la d itddu ttalb la yγrrs i wħuli "il achéte un mouton, et le Taleb vient l'égorger. "
(4) la bnnun alim , bbin d azggwar (24) ‘’ ils construisent ( les meules de paille), ils coupent du jujubier ‘’
.2.1.3 accompli ( la + th.III) :
L’ accompli concomitant est dénoté dans notre parler par la - III , par contre le th,III est devenu narratif • Pour dénoter la valeur de l'omnitemporel , l'accompli concomitant se combine au verbe ili ’’être " à l'inaccompli, dans un contexte itératif; dans un récit, l'emploi de la -III " a dû amener les locuteurs à opposer toujours plus nettement au th.III nu la nouvelle forme , en réservant à celle-ci la concomitance ,état résultant d'un procés achevé, entrée réalisée dans un état" (25)

‘’ nous sommes arrivés au douar , nous avons entendu les youyou et vu les lampes allumées "
( 11.2) as nna la nqqim... "l'autre jour on était assis .. »
(12.1) as nna mi d 3aydx zi rrbad ( •••• ) la ddix mlaqqax d usaħafi (26)
" le jour où je suis revenu de Rabat , j'ai rencontré un journali ste ••• "
Remarques: le verbe ili " être , exister " peut fonctionner comme verbe autonome ou comme auxiliaire (27) :
illa i fas ‘’ il est à Fès ‘’
illa iffγ " il est certainement sorti • "
ili est compatible aussi bien avec l'ace. qu’avec l'inacc. lui même peut être soit à l'acc. , soit à l'inacc. • parfois ili se trouve vidé de son sens et se comporte comme une modalité (28); s'il en est une, cette modalité - comme toutes les particules préverbales - ne peut être séparée du verbe; ce qui n'est pas le cas ici: parmi les éléments susceptibles de s'inserer entre ili et le verbe, nous relevons :
- un complément explicatif (C.E) :
(B 141) illa uryaz (la) yusy a3mmud. ‘’ l'homme est certainement muni d'un bâton •
- une modalité négative :
(B.142) illa ur iddi γr ckwila " il n'est probablement pas allé à l'école. "
- un autonome ou un autonomisé :
(B. 143) illa dlli idda ." il est certainement parti hier • "
- mc " si " :
(B. 144) illa mc inna ay ad ad as amzn lwraq.
"s'il avait dit ceci ils lui auraient certainement retiré ses papiers • "
Le mécanisme de dédoublement (29) de l'acc. semble être confirmé dans notre parler. La fréquence de la -III permet d'assigner à ce théme une place à part dans le systéme verbal des AIt Sadden , si le phénoméne d'intégration de l'ace. résultatif (th. III' ) (30) est définitif pour le touareg, notre la-III, ne disposant pas d'un thème spécial, a recouru à la ; tandis que l’acc. simple ( th.III) s'est spécialisé dans la fonction narrative.
-2-1-4 L'accompli narratif : L'emploi et la fréquence de l'acc. (th.III) dans un récit d'événements vécus peuvent- ils être considérés , pour un parler donné , comme une survivance d'un état ancien du parler ou une innovation?
L.Galand pense , en réponse à A.Leguil , qu' « on trouve des innovations plus ou moins parallèles dans d'autres parlers, mais ça ne se recoupe pas exactement. Alors on a le sentiment que dans chaque région, ou bien on n'a pas eprouvé le besoin d'ajouter, ou alors, là où il y avait peut-être des insuffisances dans le systéme , on a colmaté" (31) .
L'ace. (th.III) a " détrrôné " l'aoriste (th.I) , en se substituant à lui ,de ses fonctions qui sont celles du récit. Ce qui est à signaler c'est que le couple ( III - la-III) a gagné du terrain au détriment de son homologue (I- III) , fort utilisé dans les parlers berbères du Maroc central ; autrement dit ,l'aoriste n'est plus utilisé dans les séries enchaînées, son remplacement par une série d'acc. narratifs est la conséquence d'un dédoublement ou d'une scission de l'acc. en acc. simple (32) et acc. concomitant (33) •
Dans notre corpus l'acc. est devenu courant et fréquent, par contre les textes d'A.Basset de la fraction des Art Amar fournissent encore des aoristes narratifs :
(321) llant (III) lli ist, lahl nns ladurnt.(III) as i y amna ħmmu; γrsnt as (I-III) i yut n tfullust ynt as (I) binssis , yni (I) ••• ; tkkr(I-III) Xdija, tddz( I-III) Lħnna , .tY as t (I) i ifassn d ixf, .tY as (I) tazult . tasY(I) I3ban nns d icrwidn ,tsikk asn (I-III) ssabun ••• (34)
« A ce moment-là ses parents entouraient Yamna Hmmu ; elles lui ont égorgé une poule, elles lui ont préparé
la bouillie (de l'accouchée) , elles ont fait ••• ;hdija pile du henné, lui en met aux mains et à la tête; elle lui
met de l'antimoine aux yeux, elle prend les vêtements et les chiffons ( de l'accouchée) et les lave.
(347) alli(y) ur-rin iqqn asn (III) dd3ut , iddu (I) ; as l-ħkam qrrdn dat l-qadi , ibdu(I) γif sn s
txant d nnfqt (35)
" Comme ils n'acceptaient pas, il leur fit savoir qu'il allait les traduire en justice et il s'en
alla; le jour de l'audience, ils se mirent à genoux devant le cadi; il rendit le jugement lui
enjoignant de lui donner le foyer et l'habillement"
-2-2 Les formes du non-réel :
Dans le parler des Ait Sadden , et le berbère en général, ad s'est spécialisé dans l'expression du non-réel. Cette modalité « modale « traduit des nuances sémantiques diverses: futur, probabilité, souhait ••• La combinaison du préverbe ad avec les aspects aoriste et inacc. constituent un paradigme modal.
L'opposition aoriste (th.I) et aoriste intensif (inacc. ) est neutralisée dans un contexte négatif :
(2 ) i tx irdn ur da ngg n ca zik • (36)
" car le blé mûri t tardivement"
., (46) ntta ur da ittγima ca ••• (37)
"lui ne s'assied pas ••• "
(190) llan isggwasn nna i mi ur da ikkat unzar ciyyan ••• (38)
" il ya des années où la pluie ne tombe pas beaucoup .."
Avec le préverbe d-ad , on peut dire qu'il y a une interférence entre mode et futur; la forme d-ad + aoriste a une valeur sémantique d'emphase et de certitude (39) :
ajjx la l3il la tarbat •
" je ne laisserai ni garçon ni fille ."
(11.14) d-ad ddux dγi γ r s axam
" je vais aller maintenant à la maison."
(12.42) d-ad rsx ad ccx imi uγum.
"je descendrai manger un bout de pain • "
( 14.6) d-ad qqimx dinn •
" Je resterai la-bas • "
Ce qui justifie le rapprochement de cette forme à un futur proche c'est sa commutation avec un verbe opérateur + SV2
(B. 145) xarac d-ad ittuty. !
" attention, il va tomber !
x arac idda ad ittuty !
" attention, il va tomber . ! «
Dans une série récurrente , notre parler préfére l'utilisation d'une suite d'inacc. au lieu de ad + aoriste ou de l'aoriste nu :
(12) ħra. ad yali itri , la tkkr (II) at-tħlls i wγyul nns , tyr (I)
. γif s iyddin , tddu (1) ad d taym aman ( ••• ) (40)
" dés que monte l'étoile, elle se lève pour bâter son ânesse , elle met sur elle des outres à eau , elle va chercher de l'eau ( ••• ) "
(19) adday tmyyl tafukt la d ttasi (II) attas wwaman , t3um (1) , tmcd(I)
adlal nns s l-γnna d nnwar , ty( 1) tazult d lmswak , tbddl( 1)
i3ban s winna sfanin • (41)
" lorsque le soleil décline, elle prend un seau d'eau, se baigne , se peigne avec henné et clou de girofle , se met du Koheul et de l'écorce de noyer, change ses vêtements pour des propres • "
(43) ( ••• ) la t-ttnt(II) imcli , swnt (I) attay , inint (I) izlan , sγurtnt (I) ••• (42)
" ••• elles déjeunent, prennent le thé, poussent les youyous •• "
(50) adday (y) awd l-3id , la jmu3n (II) imqqran n tqbilt , rzn (1) lflus , yinin (I) : " ixss an a nddu a nrayb x lqayd. " ; La tddun (II) yun wass .xdd yumayn dffir l3id , awdnn (I) , irħb (I) asn, ccn (I) , sun(I)- srsn as (I) aynna mi γiyn , ifrħ ( I ) is-sn , ddun d abrid nnsn • (43)
" Lorsque arrive la Fête , les grands de la tribu se réunissent , versent une cotisation et disent : " il faut que nous allions rendre visite au caîd" ; ils partent un jour ou deux aprés la Fête , arrivent chez le caïd qui les reçoit bien; ils mangent et boivent et lui versent ce qu'ils peuvent; il leur manifeste sa satisfaction , ils prennent le chemin du retour. «
à la place des aoristes ( parler des .AIt Amar , ex: 12, 19 , 43, 50s) , les locuteurs d'AIt Naceur emploient une série d'inaccomplis (44) :
( 12) ( ••• ) , ( ••• ) , la tggar ( ••• ) , la tddu ( ••• )
(19) (. .. ), la t3ummu , la tmccd ( ••• ) , la tgg ( ••• ) , la tbddal (…)
(43) ( ... ) , la ssnt ( ••• ) , la tinint ( ••• ) , la tsγurutnt •••
(50) ( ••• ) la truzn( ••• ) , la tinin ( ••• ) ( ••• ), la nn tawdn ,
la di sn itrħħab , la t-ttn , la ssn , la s tsrusn ( ••• ) , la di sn if rrħ , la d tddun ( •••).
-2-3 Quelques cas particuliers.
-L'aoriste peut apparaître dans un énoncé comme premier prédicat et sans préverbe ad , quand il est précédé d'un autonome temporel, situant le procés dans l'avenir :
aska nddu
" nous partirons demain "
,tadgg at , tddddut
"tu partiras dans l'après-midi "
- L'aoriste est employé seul dans une situation où le locuteur se montre indifférent à l'égard d'une action :.
(B.146) mc ur iri ad ins iddu •
"s'il ne veut pas passer la nuit, qu'il parte."
"le fait qu'il parte m'est indifférent "
- L'aoriste intensif ( inacc. ) , dans des tours idiomatiques , peut apparaître sans les modalités ad et la :
(B.147) 3li iħarb i yγuyya , nttat tkkat
" Ali évitait le scandale, quant à elle, frappait. "
- Le non-réel et l'acc. connaissent d'autres usages à des fins stylistiques :ces formes n'ont ni emploi temporel ni aspectuel ; dans ce contexte, on peut utiliser aussi bien le non-réel que l'acc. sans que le sens soit affecté.
On rencontre ces tours dans des formules figées traduisant le souhait, le désir et les prières :
(B. 148) rbbi a kWn id iħdu .
" que Dieu vous garde • "
(B. 149) rbbi ad yannay ,tamara nnc; , icafac •
" que Dieu te vienne en aide et te guérisse • "
(B. 150)i3awn ic rbbi
"Dieu t'assiste «
" que l'assistance de Dieu soit avec toi '. "
ak i3awn rbbi •
" que l'assistance de Dieu soit avec toi . »

-2-4 Les formes de la position appuyée .
Dans cette position, on est en présence de deux formes verbales ( SV1 , SV2) : le rapport syntaxique, entre les deux verbes, pouvant être soit direct (45) , soit indirect par l'intermédiaire d'un subordonnant (46) • F.Bentolila a émis quelques réserves à propos de l'identification des prédicats de la position appuyée juxtaposée en disant qu' "il n'est pas toujours facile de décider si on a. affaire à un prédicat juxtaposé ou au premier prédicat d'une nouvelle phrase • " (47)
Quant aux formes de ces positions, nous rencontrons en SV1 les formes de la position libre et en SV2 ,' les formes de la position libre, d'une part, et de l'autre, les formes à valeur d'enchaîné ; c'est à dire qu'on trouve en position appuyée juxtaposée :
1- les SV de la position libre: .
(La ) acc. ad - A
La- inacc ad- AI
2- les SV de la position appuyée que F.Bentolila appelle les" enchaînés"
A
al - AI

.2.4.1 Dans un énoncé constitué de SV 1- SV 2 ,' le SV 1 appartient à la position libre, tandis que le SV2 peut contenir un enchaîné ou un non-enchaîné.
A- SV2 = aoriste (th.I) •
Placé aprés un verbe de la position libre, l'aoriste s'impregne de n'importe quelle valeur aspectuelle du verbe qui le précède ; A.Leguil (48) , à la suite de L.Galand , compare ce thème a " une note musicale: sa valeur sémantique dépend de la clef en tête de la porte • Quant à sa valeur sémiologique, c'est celle que F.Bentolila a appelé l'enchaîné. "
SV 1 = acc . (th.III) :
L'aoriste (th.I) prend la valeur de l'accompli; les séquences d'aoristes sont souvent détectées chez les femmes(49) qui continuent à utiliser ce thème dans le récit :
tdda (III) tmtut n flan, tzznz (I-III) iy(i) afuLLus , Sγiγt! (III)
zi(s) -s , cix as(III) lflus , tddu (I) tini(I) i uryaz nns : " ur jjin zznizx afullus.
" La femme d'un tel est venue me vendre un poulet, je le lui ai acheté et lui ai donné de l'argent; elle est allée dire à son mari: " je n'ai jamais vendu de poulet." (50)
Ce qui est à souligner c'est la disparition de l'aoriste narratif et son remplacement par l'accompli chez la jeune génération:
( 11. 18,20) ( ••• ) qqimx (III) di s , sγix (III) dduxan , qqimx (III) la tgunuyx(la-II) ally tuwd (III) tlata-, numz(III) abrid , ndda (III) di s mriypin bzzaf , nuwd (III) γr ddar lbida ••
" je me suis assis, j'ai acheté des cigarettes, j'a attendu jusqu'à trois heures, nous avons pris la route , nous avons voyagé confortablement , nous sommes arrivé s à Casablanca ••• "
Dans ce paragraphe de récit, les accomplis tiennent le rôle de la narration; nous avons jugé nécessaire de voir si le parler des Aît Amar ( fraction voisine) a subi la même évolution :
(99) yun wass ndda (III) nK d 3zizi γr fas • iKr (III) 3zizi
G wammas Yid ica (III) l3lf i tsrdunt , ica y as (III) rb3a Lgamilat n tmzin ( ••• ) (51) .
" Un jour nous allâmes 3zizi et moi à Fès • 3zizi se leva au milieu de la nuit , il donna à manger à la mule, il lui donné quatre gamelles d'orge ( ••• ) "
(311) ( ••• ) umzx(III) amxib nna Lhbib , inqqr iyi (III) yun 3cra ,
qqaħ kulci islx it (III) , kulci i3ma t (III) ( ••• ) (52) •
. " ( ••• ) J'ai engagé ce malheureux de Hbib il m'a cueilli une dizaine d'arbres , il m'a tout écorché ,les arbres , il a tout aveuglé (••• ) "
Dans notre parler, l'aoriste n'est plus le thème de base des séries enchaînées aussi bien narrative que récurrente ; c'est l'acc. (th.III) sans préverbe qui est devenu le thème de base du récit (53) • Ce remplacement constitue un début d'évolution du système verbal des AIt Sadden • Cette innovation rejoint celle que D.Cohen a présentée pour expliquer le renouvellement de certaines formes verbales en sémitique. Ce renouvellement s'est fait selon un processus de dédoublement ; l'acc. s'est doublé d'un acc. concomitant en se confinant dans un rôle narratif •
:
L'aoriste prend la valeur de certitude :
(B.151)d-ad ddux (da) tym nna trim.
" je m'en irai et vous ferez ce que vous voulez. "
SV1 = Impératif:
L'aoriste (th.I) a une coloration injonctive :

(B.152) acm .tinit i may c ay a !
" va et raconte ceci à ta mère ! "
L'aoriste en SV2 y acquiert les différentes valeurs de ad + A • .,
(B.153) xaras ad iddu (d) yini i may s ay a •
" attention, il partira (et) dira à sa mère ceci. "
Ces exemples montrent, clairement, la neutralité de l'aoriste à l'égard des valeurs aspectuelles : il prend en charge toutes les valeurs exprimées par le verbe qui le précède ; ce théme est un enchaîné , il ne rapporte pas le actions isolées, mais, en l'employant, le procès est considéré comme une conséquence de ce qui précède • Ceci se manifeste, formellement, par l'emploi du coordonnant .
Dans notre parler le thème d'aoriste, en série narrative ou récurrente , comme il en est le cas en kabyle et en touareg ,peut être considéré comme " un archaïsme en voie de disparition" (54), s'il est attesté, dans quelques contextes, ce n'est que d'une manière sporadique chez les femmes ou dans des énoncés où le verbe prend une valeur optative, injonctive ••• Des exemples dans les ,chants sont révélateurs :
(B.154) ( ••• ) a k iY d awtul yi yi (1) d lbaz ( ••• )
" qu'il te transforme en lapin et moi en faucon ! "
(B.155) ( ••• ) a k id awdx a ya3ric wattay cx i wħbib nw ( ••• )
"que je t'atteigne 0 branche de theier et que je t'offre ma bien-aimée ! "
SV1 = la - AI ( inacc. ) :

( 70) ( ••• ) la tili yut ntħrirt nna izil la tnwa , yili (I) wγrum ( ••• ) (55)
" ( ••• ) il Y a une bonne soupe toute prête , il Y a du pain … »
(50)( ••• ) la tddun (II) yun wass xdd yumayn dffir l 3id , awdn ġ Lqqayd(I).

irħb asn (I.III) , ccn (I) , sun (I) (56)

" ( ••• ) ils partent un jour ou deux aprés la Fête , arrivent chez le caId qui les recoit bien, ils mangent et boivent ( ••• '"
(40) adday ccn (I) imnsi la ittsawal (la-II) yun nna ġur illa l3ql ,
yini y as (I) ( ••• ) (57) •
" lorsqu'ils ont diné , un homme avisé prend la parole et di t ( ••• ) " •
Si nous soumettons ces exemples à un locuteur des AIt Naceur , les aoristes précédés d'un inacc. seront, forcément, remplacés par un inacc. dans une série réccurente (58); sauf le cas de ini " dire" et ili "être" qui font exception à la régle (59) •
A partir des exemples (40 et 70) , nous remarquons que l'enchaîné souligne que les deux actions sont solidaires, l'une ne va pas sans l'autre.
B- SV2 = al - AI ( inacc.)
Selon F.Bentolila , A (th.I) et al - A.I (th.II) " apparaissent à une exception prés dans les m~mes contextes. On peut opposer un A exprimant l'idée verbale pure et simple à al-AI exprimant l'aspect ingressif -duratif. " (60)
SV1 = acc. (th.III)
(232) tqqim al tall ." elle se mit à pleurer" (61) •
(342) iqqim crif al is-s ittizi ( ••• ) "le marabout se mit à le quereller ( ••• ) " (62) •
(346) iqqim muhand. al ittzaway • (63)

(B. 156) iffġ al itsġuyu •
" il est sorti en criant "
SV1 = la- AI (inacc.)








..,







(B.157)
la ytsqsa
al
t
njjawab

" il nous interroge et nous




répondons
"











.







Cet exemple
présente
l'action
(SV2)
comme étant
simultanée à SV 1
;
tandis que
l'exemple
(B.156)
la
présente
commee
continue et
conséquente à celle
qui est

anterieure •
SV1 = a~ + A (th.I) :
(B.158) ad ikkr al i t3awad aynna ur iħlin •
" il se mettra à raconter n'importe quoi. "
SV1 = Impératif:
B.159) kkr al t3awat aynna ur iħlin !
" ne raconte pas n'importe quoi!" (64)
Si le parler des Art Sghrouchen , décrit par F.Bentolila (65) , n'offre pas d'exemples de la séquence: impératif + al - AI " enchaîné" , celui des Art Sadden en use trés abondamment •
C- SV2 = une forme de la position libre :
Quand c'est une forme libre ou non-enchaînée qu'on rencontre dans SV2 ' dans ce cas là on ne fait que rapporter "les actions isolément elles forment comme des ilôts indépendants, sans relation, sans point de contact." (66) • Le rapport entre les SV à la forme libre n'est qu'une juxtaposition de deux actions indépendantes et isolées, sans lien entre elles sauf si le SV2 est ad - Aoriste qui présente des caractéristiques spécifiques. (67)
SV1 - SV2 = ace. (th.III) :
Dans ce contexte , et comme il a été souligné maintes fois par A.Leguil l'opposition de concomitance à l'accompli, " autrement dit le rapport enchaîné /" concomitant , est en passe d' être dénoté non plus par le couple aoriste ~ accompli (I~III) traditionnel au Maroc, mais par le couple accompli ~ accompli concomitant ( III- la - III) ( ••• ) " (68)
A partir des récits et des énoncés construits que nous avons recuillis auprés de jeunes lycéens des AIt Naceur , nous avons remarqué que la -III a remplacé l'accompli ( th.III) pour souligner la concomitance, tandis que ce dernier est devenu un théme narratif :
(11.8) ibba , idda (III) ġr fas , ittu (III) ur iy yujji ca ddix (III)
ġr bu3li ( ••• )

" mon père
pppp pére,
il
est parti à Fès
,
il
a oublié
de me
laisser
(
de
l'argent
)
je suis allé
voir
Bouali (
... )
"
( 11.1111.11)
ikkr
(III) 3bdLa
imun (III) di
yi

« Abdellah m'a
M’aaccompa












gné



















(11.12) ica yi (III) bu3li lflus , numz (III) n Kint d 3bdLa ttaksi
nhwwd (III) ġr bab fttuħ ( ••• ) •
.
" Bouali m'avait donné l'argent, on avait pris Abdellah et
moi le taxi, nous nous étions dirigés vers Bab Ftouh ( •••
(11.13) isrs iyi (III) dinn, ndda (III) ġr 3bdLa nqqjm (III) la ... njjma3 ( la- II) • ‘’ il m'a déposé la-bas, nous sommes allés chez Abdellah
et nous nous sommes mis à discuter • ‘’
SV1 - sV2 = ~ - A ( ou AI)
(11.32) ajj ad as ra3aħ ħdd , ad, as cħ ssarut a k yawi s ttumubil •
" laisse, je vais chercher quelqu'un à qui je donnerai la clé pur qu'il t'accompagne en voiture .,
(11.50) issuħl di yi a nddu a ncc imkli. "il a insisté pour qu"on




aille
déjeuner

"




SV 1 - SV2
=
Impératif
.










.












(B. 160)
"













acm
ini
y
as
" va lui dire
!
"




(B.161)
rs asyi
t

"
descends le
prendre
!
"

Dans tous les exemples présentés en haut , les SV de la forme libre entraînent une succession d'actions isolées, indépendantes et qui se répéten individuellement •

D- Une autre particularité du parler des AIt Sadden est celle où les locuteurs" renoncent à l'opposition d'enchaînement en série réccurrente et utilisent au lieu d'une séquence de N.R aor • une suite d'inacc. ( ••• ) (69) »
Avant d'illustrer ce phénoméne par des exemples tirés de notre corpus, il est à signaler, aussi, que l'inacc, connait une scission: à la concomitance (la- Inacc.) s'oppose l'enchaînement (al - Inacc.)
Pour ce qui est du remplacement de l'opposition N.R par l'inacc. , notre parler a fait recours à l'inacc. précédé du préverbe la afin de souligner la succession d'actions isolées formant un bilan. Au lieu des séries d'aoristes fréquents chez les AIt Amar , les AIt Naceur préférent , à la place , les inacc (70)
(7) ( ••• ) la 3ddl (la-II) mddn tistħiyin nnsn , yn (I) tamalaħt , dbbrr ( I) (g) -gmassn i tħrrat ,inun (I) tiġnacin ( ••• ) (71)-

" ( ••• ) les gens arrangent leurs terrasses, ils étendent de l'argile ( sur la terrasse) , ils procurent la charrue pour le labour, ils cousent les colliers ( des bêtes ) ( ••• ) "
(7) (….) la 3ddL (la-II) ( ••• ) , la tggn (la-II) ( •••• ) , la dbbarr (la-II) ( ••• ) , la yuynnun (la-II) ( ••• )
(1.5) sbaħ 1tnayn , la tkkrn (la-II) mddn bkri , la fttrn (la-II) , la tnuyn (la-II) iġyaL nnsn .ħdd isrdan nnsn , yamzn (I) abrid n
" le lundi matin , les gens se lévent tôt , ils prennent leurs petits déjeunés, ils montent leurs ânes ou leurs mules et prennent le chemin de Tébouda ."
Ce qui est à remarquer c'est la disparition de l'opposition de l'enchaînement à l'inacc. , ce qui veut dire que nous ne faisons plus l'opposition entre une série enchaînée et un bilan à l'inacc. ; par contre cette opposition subsiste encore à l'ace. grâce. au développement de l'ace. concomitant.
E- Dans ce qui a précédé , nous avons exposé les cas où les formes libres sont mises en rapport avec d'autres formes sauf la forme ad - A (ou Ar) ; les formes du N.R en SV2 jouissent d'un statut particulier par rapport aux autres formes , elles dépendent du premier verbe que les linguistes nomment, communément, opérateur .(72)
F- Aprés certains verbes (kkr "se lever», qqim ‘’s'asseoir" ••• ) nous retrouvons l'opposition de l'enchaînement.
1- kkr " se lever" , quand ce verbe est suivi par un SV enchaîné, le critère le plus fréquemment utilisé par la grammaire est celui de la " perte de sens " subie par SV1 ; ce même critère suffit à l'identification de SV1 comme auxilliaire ( ou semi-auxiliaire ) et la nécéssité d'un SV2 pour former un syntagme périphrastique •
(8.12) kkrn lwacun al tsġuyun ( ••• )
" les enfants se sont mis à crier ( ••• )
(8.16) kkrn la tsmunn ( ••• ) • " ils se sont mis à ramasser ( ••• ) "
(348) ikkr iddu idrrq i crrif ( ••• ) (73)
" il alla demander l'intercession du chérif ( ••• ) "

2- sul " se trouver encore" , ce verbe est suivi d'un verbe non-enchaîné
la-AI , ad -A :
(10.28) isul 3ad la ytqra
" il étudie encore "
remarq ues :
La perte de sens n'est une condition ni suffisante ni nécessaire pour qu'un verbe devienne auxiliaire parce qU'il existe des auxiliaires qui gardent leurs sens ( ex :: ikla "passer la journnée " ,insa "passer la nuit" ) •
Ces types de verbes sont , généralement , appelés par les grammaires " semi- auxiliaires " ; ce terme veut rendre compte du double rôle de ces verbes :
ils peuvent être autonomes ou auxiliaires. Ainsi, on pourrait se demander si le changement de sens n'est pas seulement le résultat du changement du contexte :les verbes sul , Kr , ns employés seuls, invalident le critère de la perte de sens ,sont compatibles avec les modalités préverbales la et ad .
La particule de négation ur sert à nier aussi bien le SV1 que le SV2 :
(5.3) ur qqimħ la tiħmilx ddunit • " je ne supporte plus la vie • "

(B.162) » (B.162) 162)
ur
insi
la
ytddu





il
n'a pas
passé

la
nuit à marcher



.
(B.163)
insa ur da
ytddu
.



il n'a
pas
passé

la
nuit à marcher




3- qqim « s'asseoir, rester « ce lexème " dénote comme auxiliaire les valeurs d'ingressif-duratif ( " se mettre à " ) ou de continuatif ( " ne pas cesser de , continuer à " ) •’’ (74)
(12.7) iqqim la y it3awd • " il s'est mis à me raconter "
(11.47) nqqim la ntgunuy brra • ‘’ nous nous sommes mis à attendre dehors • ‘’
En contexte positif , qqim "auxilie un SV2 qui peut être de forme al-II aussi bien que l(la)-II • " (75)
(11.13) ,(12.44) nqqim la njjmma3.
" nous avons continuer à converser • "
(11.44) iqqim la y itsal x ibba
" il s'est mis à demander des nouvelles de mon père. "
Plus loin, le m~me auteur affirme que la disparait , chez les AIt Amar , quand l'auxiliaire a un complément explicatif, ce qui n'est pas le cas chez les Ait Naceur :
(319) ur iqqim bnadm ittħccam • (76)
" les gens n'ont plus honte. "
Nous pouvons dire , aussi :
ur iqqim bnadm la ytħccam •
Dans une structure interrogative ,al-II précéde le syntagme périphrastique –composé de qqim et de SV2 - ce qui lui confére le statut d'auxiliaire
(B.164) sqsat mmax all(i) iqqim la ykkat ?
" demande -lui pourquoi il s'est mis à frapper " qqim comme auxiliaire est d'usage fréquent dans notre parler; il a les mêmes lattitudes combinatoires que son équivalent kkr(77) sauf que ces" verbes originellement de sens contraires en arrivent à converger dans leur emploi d'auxiliaire • " (78)

-2-5 La position appuyée coordonnée •• a

Aprés les monémes coordination ha et day nous rencontrons aussi bien les SV enchaînés que les SV non-enchaînés; dans cette position les SV ont les mêmes valeurs que celles qui ont été relevées dans la position appuyée juxta posée •
Exemples de day :

" ( ••• ) les femmes se concertent t vont en fortH ( ••• ) "
(102) ( ••• ) kul lmrtt day d- dzuwwf ġif nx yut n ttumubil ( ••• ) (80)
. - - .
" ( ••• ) à chaque instant nous croisait ( à vive allure) une
automobile ( ••• ) "
( 103) nukkni nqrrb yuy Lagar day nannay ac yut l.macina ( ••• ) (81)
"(quand) nous fûmes proches d'une gare nous vîmes un train
(108) ( ••• ) la ttinin : " iwa zzaLllat x nnbi " day kkr al-tumi ad al d izry ddhur ; day ffġn iyr ad ddun abrid nnsn ( ••• ) (82)
" ( ••• ) ils disent: " Priez pour le Prophète! " ensuite ils retournent (au travail) jusqu'à ce que soit passé le ddhur puis ils quittent le champ pour s'en aller chez eux.,

(134) la ġif s ittsakka xas yun usikk da irzm as dġya bac a tkkr •• (83)
" il passe( son couteau) sur( sa gorge) une seule fois , puis il la
lâche rapidement pour qu'elle se relève ••• "
(145) ( ••• ) la d ttasy ifassn wwulman t-tskka , day tbdu ( ••• ) (84)
.
‘’’( ••• ) elle prend des pelotes de fil de trame et un peigne,
puis elle commence ( ••• ) "
(148) ( ••• ) la tthwwad aggwr jaj n dzlaft , day ddrrit g-gmidun, ukwan

day tqqim la t-tmrry ( ••• ) (85)
‘’ ( ••• ) elle délaie (avec de l'eau) la farine à l'interieur
du plat, ensuite elle la met dans la corbeille, ensuite elle
se met à la frotter •.• ) ‘’
(176) ( ••• ) ħra ad immt day kkr iġuyya g-gxam • (86)
" ( ... ) dés. qu'il est mort , les cris s'élèvent dans la maison «
(211) ( ••• ) ifttujn ad afrun , nitni at(t) sġuyyn , day ad nqqzn s Ixuf d lfraħyt
( ••• ) dés que les étincelles volent, ils poussent des cris et sautent de peur et de joie ••• "

Exemples de aha

(27) b3dn ax , aha drrn ixf nnsn ġr fas • (88) ... -
« ils sont loin de nous , ils sont tournés vers Fas • "
(28) ( ••• ) itx la ttġaran waman , aha b3dn ax (89)
( ••• ) car les eaux baissent; et elles sont loin de chez nous ••• "
(242) adday immt ħdd , aha yajj d qbala Lmal ••• (90)
« quand quelqu'un meurt, et qu'il laisse beaucoup de bétail «

Les SV1 (la-AI, acc. , Impératif, participe) qui admettent en SV2 un encha!né ( Aoriste) n'excluent pas al-II.
1-
la-AI
aha A

(

ex.
28)



2- Acc.
aha A

(

ex.
27)



3-
la-AI
!!ay A

(
ex.
17,
134
,
145 )
4-
Acc.
!!ay
A

(
ex.
103 )





-2-6 La position appuyée en apodose

1- Avant le traitement des conjonctions temporelles ( ntta , adday , xas ,zggwis , ally ) quelques remarques méritent d'être signalées : une proposition temporelle, en français, est introduite par " quand" ou " dés que" tandis que les parlers berbères disposent de trois solutions :
- deux propositions juxtaposées ( position appuyée juxtaposée sans marque fonctionnelle ) :
(B.165) yannyt inqqz ." dés qu'il l'a.vu , il a sauté. "
- un pseudo-subordonnant ( ntta , hlli ,xas ), élément adverbial soulignant un lien sémantique entre le prédicat et le prédicatoîde
(8.13) xas ntta isla i yġuyya d isffirn , yusy tazrwatt
« dés qu'il a entendu les cris et les sifflements , il a pris un bâton • "
(6.6) xas ttalb ad iwddn , la tafat dduwar iħwa •
" dés que le Talb appelle à la prière , tu trouves le Douar vide • "
( B.166) ntta yannyit ,inqqz •
" dés qu'il l'a vu , il a sauté •
- une conjonction de subordination (véritable subordonnant)

(1.10) adda(y) ikmml kulci , la yt3ayd s aqidun •• •••
" quand il a tout términé ( les achats ) , il retourne à la tente ."
(4.6) adday tqqrrb laKup (foot-ball) •••
" quand la coupe s'approche ••• "
Ce qui préside au choix de l'une de ces trois solutions c'est peut être , Le
schéma constitué par la proposition temporelle: concomitance - enchaînement .

2- A cet égard le titre est révelateur , nous n'aurons à étudier que les oppositions des SV2 s'appuyant sur SV1 ( ace. , aoriste) aprés un fonctionnel subordonnant •

-2-6-1 nTa - SV1 (III) - SV2 :

-nta est considéré comme un " pseudo-subordonnant " dans la mesure où il " admet la-AI en SV1 et qu'il n'entraîne pas l'anticipation des pronoms personnels compléments" (91) ; par sa présence, il opére un passage de la position juxtaposée - sructure parataxique - à la position en apodose •
- Aprés ntta- III , on rencontre les formes aussi bien enchaînées que non-enchaî nées :
(B.167) ntta iwt it ,iqqim la yall. " à peine il l'eut frappé, il s'est mis à pleurer "
Quand l'apodose dénote un enchaîné ( aoriste ou inacc. avec auxiliaire) , on préfére dans la protase l'adverbe exceptif xas " seulement " :

(B.168) xas nta iwi it ,iqqim al yall." à peine il l'eut frappé, il s'est mis à pleurer. «
xas en coexistant avec ntta , peut se placer soit avant, soit aprés lui:
xas ntta iwt it , •••• ntta xas iwt it

aprés xas , en SV2 ce sont les formes enchaînées , le plus souvent , qui sont réalisées :
(B.169) xas at-tffġ may s , day bdu la yall •
" dés que sa mère sort , il commence à pleurer •
quand SV2 est une forme non-enchaînée, l'apodose peut être inversée: SV2 ­subordonnant - SV1 ' par contre le SV1 enchaîné ne peut être mis en tête de la séquence
(B.170) xas tffġ may s , ibda la yall •
" dés que sa mère est sortie , il a commencé à pleurer • "
(B.171) ibda la yall , xas tffġ may s •
" il a commencé à pleurer dés que sa mère est sortie • "

-2-6-2 adday et ally

Ce qui serait interessant de souligner, ce n'est pas l'opposition réel ~ non-réel, mais les valeurs que prennent les SV1 dépendants des fonctionnels adday et ally ; nous pourrions dire, avec F.Bentolila (92) et A.Leguil (93) , que le registre du passé serait reservé à ally et celui du temps indivis ( ou futur ) à adday •

Au sein de chacun des deux couples ( réel : III , la -II /non-réel : ad-I , ad-II ) , il existe une opposition entre une idée verbale pure et simple ( adday -I , ally-III ) et un aspect duratif / iteratif ; cette valeur d'aspect iteratif est présente dans les deux cas; mais avec ally , le procés est posé comme un passé, tandis que avec adday ce procés est situé dans l'omnitemporel •

-aDay -I :
L'opposition enchainé / non-enchaînée est décelable à l'interieur du réel ; au non-réel, on opposera l'idée verbale (ad-I ) à l'iteratif (ad-II) .
(1.6) adda(y) nn yawd uryaz , la ytccm tġagyult nn s ġl-lfndq •••
" lorsque l'homme arrive (au Souk) , il fait entrer son ânnesse au Foundouk "
( 6. 1) adday qrrb rmdan , la tkkrr mddn la ssaġn •••
" lorsque le Ramadan s'approche , les gens se mettent à acheter ••• "
(3) adday 3ddun ccbak g -yran , la itt3ayd yun ufllaħ ••• (94)
" lorsque les gerbes sont nombreuses dans les champs, l'un de: cultivateurs revient "
(11.11) adda(y) d iddu lħsn , nkk a d dmn x mc ac inna ca •
" lorsque Lahcen vient, moi, je me porterai garant s'il dit quoi que ce soit. "
(360) adda ikkat unzar , la t-trddl tmttut tirfafin ••• (95)
" lorsqu'il pleuvait la femme laissait tomber les couvertures du bas de la tente ••• "
(B.172) add(a) –ac i3jb uqjdim ittu may d iggunin •
" lorsque le repos lui plaît, il oublie ce qui' il attend. "
(B.173) adday zrin rb3a isggwasn , ad ittasy lflus zi lbanka •
" lorsque sont passées quatre années , il empruntera de l' argent à la banque • "
adday -II , on le retrouve aussi bien dans le récit iteratif que dans le discours :
non-iteratif iteratif

adday-II adday-I // la-II (ex. 360) . ad-I ( ex. 11.11 )adday-I
adday -I/ad-I ( ex. 11.11 )adday-I / / ad -II (ex.B.173)
adday-I/ I (III) ( ex .B.172).

- ally- III

L'opposition enchaînée (I, al -II) non-enchaînée ( III , la- II) est existante dans les SV2 :
(15.11) ally gzry , ha nkkni nhnna •
" quand elle a été passée ( l'année scolaire) , on a été tranq uille "
(346) ally d iffġ muhand , ddan mddn raybn ġif s ••• (96)

" lorsque Muhand sortit ( de prison) , les gens vinrent lui rendre visite «
(279) ally ccan mddn swan , tawd lut! lġrama ••• (97)
" lorsque les gens eurent mangé et bu , que le moment des
dons fut arrivé ••• "
(17.14) ally yi t id uwin , la tinin izd lmanda •
" quand ils me l'ont apportée, ils croyaient que c'était un mandat • "

ally -III / I (ex. 279)

/ III ( ex. 15.11 ,346 )
/ la-II (ex. 17.14 )
Dans ce qui a été dit, il faut distinguer dans les SV deux aspects: un aspect exprimant un procés réel dans le passé ( ally ) et un aspect exprimant des généralités virtuelles (adday ) •

Ahmed Bououd , Université Hassan II
bououd1@yahoo.fr
http://bououd.e-monsite.com


- NOTES : les valeurs des modalités aspectuelles.

(1) G.Mounin, Problèmes terminologiques,p. 311 •
(2) c'est à ce niveau que la réflexion linguistique est opératoire dans la
mesure où la description des données et l'élaboration d'un modéle théorique
sont solidaires •
(3) Parmi les linguistes qui ont éssayé de définir l'aspect sur un plan concep-
tuel , nous citons R.Martin : toutefois le problème ne peut être resolu
que si , préalablemen t , l'aspect est défini avec rigueur sur le plan onomasio-
logique des notions, c'est-à-dire en pure logique, indépendamment de tout
système linguistique
particulier
( ... )
"
p.48







(4)
M.Golian , Actes.
du colloque
III ,
p.
151




(5)
M.Golian , ibid
, p.
151








(6)
aspect lexical ou Aktionsaart
(
" mode de
procés "
)
est une virtualité
sémantique concernant la manière dont se déroule le procés et qui caractérise
tout verbe isolé. " M.Golian , ibid, p. 151 •
(7) A.Leguil ,p.152. (8) A.Leguil , ibid,p.152 .
(9) une opposition est temporelle, par l'intermédiaire d'un indice contextuel,
quand elle s'effectue entre bornes temporelles ; elle est aspectuelle , quand,
dans la morphologie thématique, il Y a opposition entre deux formes verbales
différentes d'un même verbe à l'interieur d'une même tranche temporelle.

(10) R.Blachère, Gram. de l'arabe classique, ch. 1 , p. 246 •
(11) les manuels scolaires enseignent la trilogie suivante almadi ••
passé ", al mudari3 « le présent-futur •• «
, al amr •• » Impératif "; rappelons, tout de suite, que al amr n'est pas un temps mais un mode.
(12) D.Cohen , Langues chaaito-semitigues , p. 1301 •
(13) D.Cohen , Statif, accompli , inaccompli , P. 50-51 •
(14) L8Galand , Le système verbal, p. 102 •
(15) cf. p; 109
(16) L.Galand, ibid, P. 102 •
(17) L.Galand, ibid, p. 102 •
(18) F.Bentolila, Grmmaire fonctionnelle d'un parler berbère • Art Seghrouchen d'Oum Jniba ( Maroc ) , Pari s SELAF , 1981 •
(19) F.Bentolila , ibid, p. 144 •
(20) cf. e, 12 , P. -110 note 22 "..
(21) L.Galand , Continuité et renouvellement d'un système verbal, p. 294 •
(22) L.Galand , le systéme verbal , p.102
(23) Dans le parler des AIt Sadden , il ne s'agit pas d'une opposition la -­th- II ~ th-II ( nu ) comme il en est en kabyle • Cette opposition apparaît surtout , dans une relative •
(24) A.Basset , Textes berbères du Maroc parler des Art Sadden ,p. 2 •
(25) A.Leguil, Bilan et perspectives, Tomme III , P. 63 •
(26) A signaler l'emploi du verbe ddu comme verbe opérateur ; cf. p. 270
(21) il est des linguistes berberisants qui voient dans le préverbe la l'ori gine
du verbe ••ili •• •

(28) cf.p.129 note (27) • Nous aurons l'occasion de traiter certains verbes ( par ex. ikla « passer la journée « ikka « ••• passer « ) dont le fonc tionnement est analogue à celui de ili •
(29) D.Cohen , statif , p.55
(30) L.Galand ·i,bid. P.107 .
(31) L.Galand , ibid , p.107
( 32) D. Cohen ibid , p.55.
(33) l'acc. concomitant est dénoté au moyen du préverbe la •
(34) A.Basset Textes berbères p. 159 •
(35) A.Basset ibid, P • 172
(36) A.Basset, ibid , P. 2 •
(37) A.Basset , ibid P. 23-24 •
(38) A.Basset ibid p. 89 •
(39) A.Leguil I.N.A.L.C.O • 18- 06 - 1987 • L.Galaad E.P.H.E 198 ,exemples n 1687 - 1947 des Ait Youssi •
(40) A.Basset ibid P. 6. La notation est , légerement .modifiée •
(41) A.Basset , ibid, P. g
(42) A.Basset , ibid , P. 22
(43) A.Basset , ibid, P. 25
(44) La liste des exe.ples est longue •
(45) F.Bentolila, Gram.Fonct. p. 151 •
(46) F.Bentolila , ibid P. 151 •
(47) F.Bentolila , ibid, p. 152 •
(48) A.Leguil Mutations temporelles en berbère , S.L.P , 27 - 02 - 1988 p. 10. L.Galand, 1977 , B.S.L p. 299 •

(49) ceci est valable pour le parler des Art Sadden ( Douar AIt Nacer ) •
(50) il s'agit ici d'un exemple construit. cf. A.Leguil , Tom.e III , p. 61 •
(51) A.Basset , Textes berbères , p.47
(52) A.Basset , ibid , p. -154
(53) En série récurrente, c'est la-th-II • cf. ici p 127
(54) S.cHaker , p.211
(55) A.Basset ,p.34.35
(56) A.Basset p.25.26
(57) A.Basset , p.20
(58) cf. ici p. -138
(59) A.Leguil, Tome III, p. 68 • ; cf. exemples (70) et (40) d'A.Basset •
(60) F.Bentolila , Gram. fonct. L. 4.22 , p. 155 •
(61) A.Basset , ibid , p. -115
(62) A.Basset , ibid, p. 170
(63) A.Basset , ibid, p. 170
(64) il est à signaler ici la présence de la négation dans la traduction française et son absence dans l'énoncé berbère; ce fait rejoint, sans doute ce qui sera avancé à la page 164
(65) F .Bentolila , Grammaire fonctionnelle d'un parler berbère • AIt Seghrou·chen d'Oum Jnba Paris SELAF , 1981 •
(66) F.Bentolila , ibid, p. 153 - 154 •
(67) cf. Verbes opérateurs , p. 271
(68) A.Leguil, Toae III , p.65 •
(69) A.Leguil , ibid, p. 44 •
(70) cf. ici, p.132

(71) A.Basset , Textes berbères, p. 4
(72) Nous. reviendrons sur les verbes opérateurs dans le chapitre consacré aux prédicatoîdes sans marqu.e fonctionnelle • p. 271
(73)
A.Basset ,
ibid , p. 172

(74)
A.Legu.il ,
Tome III , P. 94 •

(75)
A.Leguil ,
ibid ,
P. 94 •

(76)
A.Basset ,
ibid
, P. 151

(77)
cf. ici p. 142




(78)
A.Leguil ,
ibid
, P.
95 •

(79)
A.Basset ,
ibid
, p.
25-26 •

(80) A.Basset ,
ibid
, P.
49 •


(81) A.Basset ,
ibid ,
p.
49 •


(82) A.Basset ,
ibid
, p.
51-52 •

(83) A.Basset ,
ibid ,
P.
64 •


(84) A.Basset ,
ibid
, P.
69 •


(85) A.Basset ,
ibid ,
P.
71 •


(86) A.Basset ,
ibid ,
p.
83 •


(87) A.Basset ,
ibid ,
P.
99 •


(88) A.Basset ,
ibid ,
p.14


(89) A.Basset ,
ibid
, p. 14


(90) A.Basset ,
ibid
, p •120


(91) F.Bentolila ,
Gram
• fonct
• p.
166 •
(92) F.Bentolila , ibid, p. 166 •
(93) A.Leguil ,I.N.A.L.C.O , Oct. 1984 •

(94) (94) 94)
A.Basset ,
Textes berbéres
, P.2
(95)
A.Basset ,
ibid
, p. 178

(96)
A.Basset ,
ibid ,
p.171

(97)
A.Basset ,
ibid
;
p. 138


Ahmed , Bououd , Université Hassan II Casablanca
bououd1@yahoo.fr
http ://bououd.e-monsite.com

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